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Fiscalité applicable aux médias : Les acteurs échangent sur la problématique

Accueil > Actualités > Economie • LEFASO.NET | Par Moussa Diallo • dimanche 3 février 2019 à 23h30min
Fiscalité applicable aux médias : Les acteurs échangent sur la problématique

Les médias modulent les opinions publiques, contribuent à l’ancrage de la démocratie, de la bonne gouvernance et à l’éveil des consciences pour l’émergence d’une citoyenneté active. Mais, au Burkina, ces entreprises spécifiques sont confrontées à plusieurs difficultés liées essentiellement à la faiblesse de leurs ressources budgétaires et à la précarité sociale de leurs personnels, mais aussi et surtout à une fiscalité pas très adaptée à leur réalité. Ce qui met souvent à mal leur pérennité. Le Conseil supérieur de la communication (CSC) prend donc son bâton de pèlerin pour œuvrer au renforcement de la pérennisation des médias au Burkina. C’est dans ce cadre qu’il a organisé, en collaboration avec la Direction générale des impôts, le 31 janvier 2019, un atelier national sur la fiscalité applicable aux médias et la facture normalisée.

Comment assurer la pérennité des entreprises de presse au Burkina ? La question mérite d’être posée au regard de la précarité dans laquelle vivent la plupart des médias. Du point de vue de la fiscalité, les médias burkinabè subissent des charges qui entravent en partie leur viabilité économique. Ces charges sont liées au régime général de la fiscalité des entreprises commerciales, mais aussi aux redevances payées à l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) et au Bureau burkinabè du droit d’auteur (BBDA).

De nos jours et au constat, peu d’entreprises de presse privée parviennent à supporter ces taxes fiscales et parafiscales. « Au regard du rôle éminent que jouent les médias, de leur spécificité et à l’initiative conjointe de la Direction générale des impôts (DGI) et du Conseil supérieur de la communication (CSC), il est organisé cet atelier portant sur la problématique de la fiscalité des médias au Burkina. Nous avons à cet effet adopté une démarche inclusive d’où la présence des représentants de tous les acteurs impliqués dans l’approche d’une fiscalité adaptée aux médias au Burkina Faso », a précisé Mathias Tankoano, président du CSC, dans son discours d’ouverture officielle de la rencontre.

Le débat sur la nécessité d’un allègement fiscal pour les médias ne date pas d’aujourd’hui. En 2013 déjà, un mémorandum avait été adressé par les associations professionnelles des médias aux plus hautes autorités du pays qui avaient mis en place un groupe de travail. Celui-ci avait proposé des pistes de solutions sur l’allègement de la fiscalité des médias. « Il y a ce qu’on peut faire au plan national et ce dont notre pays est incapable au regard des règles supranationales, notamment celles contenues dans les traités et conventions de la CEDEAO et de l’UEMOA », a rappelé Adama Badolo, directeur général des impôts.

les participants

Entreprise libérale, certes, mais l’entreprise de presse n’en pas moins spécifique au regard de sa mission de service public. C’est pourquoi la DGI n’est pas insensible à l’initiative du CSC, car c’est de la viabilité de ces entreprises dont il est question. « Nous ne pouvons rester insensible à votre initiative qui constitue une préoccupation pour nous, à savoir alléger les charges fiscales des médias dont nous mesurons toute l’importance dans l’animation de la vie publique, l’information et l’éducation des citoyens, bref toutes les dimensions du processus de développement au Burkina. Vos conclusions et recommandations feront l’objet d’une attention particulière et seront, par des voies appropriées, transmises aux plus hautes autorités du pays pour des réponses à y apporter », a assuré Adama Badolo.

C’est d’ailleurs dans le cadre de la garantie constitutionnelle du droit d’accès à l’information et de la liberté de la presse et d’opinion que l’Etat a pris un certain nombre d’initiatives pour pérenniser les entreprises de presse à travers une subvention annuelle à la presse privée et la création d’un fonds d’appui à la presse privée. Mais, ce n’est visiblement pas encore suffisant. Les objectifs généraux de cet atelier sont de parvenir à une approche consensuelle des mesures à suggérer aux autorités pour l’adoption d’une fiscalité adaptée à la situation des entreprises de presse.

Car, selon le ministre de la Communication, Remis Fulgance Dandjinou, « la fonction de l’Etat, c’est d’assurer la liberté d’expression, la liberté d’information des populations ». Aujourd’hui, les populations s’expriment à travers les médias. D’où la nécessite de réfléchir à « ce que nous pouvons faire pour ces médias, dans les possibilités de notre Etat et dans le respect des conventions que avons signées à l’international ».

Moussa Diallo
Lefaso.net

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