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Christophe Dabiré : Un Premier ministre formaté à l’ombre de glorieux… cadets

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Christophe DABIRE, Premier ministre • Par Jean-Pierre Béjot, fondateur de La Dépêche Diplomatique • dimanche 27 janvier 2019 à 15h00min
Christophe Dabiré : Un Premier ministre formaté à l’ombre de glorieux… cadets

Il s’appelle Dabiré Joseph Marie Christophe Metuorman. Il vient d’être nommé, le 21 janvier dernier, au poste de Premier ministre du Burkina Faso. C’est le deuxième Premier ministre depuis l’accession de Roch Marc Christian Kaboré à la présidence. Il prend ainsi la suite de Paul Kaba Thiéba, nommé le 6 janvier 2016 et démissionnaire après trois années plutôt mouvementées.

La rumeur, en 2016, avait laissé penser que le poste allait être attribué à Rosine Sori-Coulibaly. La presse burkinabè s’était emballée et la rumeur était devenue une information quasiment avérée. Sauf qu’elle n’était pas fondée. Quand Thiéba sera nommé, la presse burkinabè évoquera une « surprise du chef » ; « son nom n’était apparu dans aucun des pronostics pour ce poste ». Effectivement. Que dire alors de la nomination de Dabiré ? Si Thiéba venait de Dakar où il était en poste à la BCEAO, Dabiré, quant à lui, vient de Ouaga où il a été en poste au sein de l’UEMOA jusqu’à mi-2017. Mais ce n’est pas, pour autant, une figure majeure de la vie politique burkinabè. Loin de là. Et pourtant… !

Ce n’est pas une figure majeure, mais c’est une figure ancienne. Et la première surprise, c’est l’âge du capitaine : il a eu 70 ans le 27 août dernier. Autant dire que nous sommes de la même génération et que, du même coup, nous avons vécu les mêmes événements au Burkina Faso et en Afrique au cours des 30 dernières années. Il ne m’a pas fallu longtemps pour retrouver la trace de Dabiré. Nous nous sommes rencontrés au printemps 1989 alors que je dirigeais Jeune Afrique Economie et qu’il occupait le poste de directeur général de la Coopération au sein du ministère du Plan et de la Coopération. La Rectification n’avait pas encore deux ans. Le Front populaire venait d’organiser sa première session ordinaire. Blaise Compaoré m’avait reçu en tête-à-tête le 18 juin de cette même année 1989. Pour m’expliquer qu’il voulait « aller au-delà de ce que nous avions déjà réalisé ». Il avait ajouté : « Le Front populaire n’est que la continuité de la Révolution. Nous n’avons jamais nié notre passé. Nous avons toujours cité le DOP [le Discours d’orientation politique du 2 octobre 1983, la bible de la Révolution]. Nous assumons notre passé sans problème. Un événement, aussi douloureux qu’il soit [il s’agissait de l’assassinat de Thomas Sankara] ne peut être une entrave morale ou spirituelle à la marche en avant du processus révolutionnaire ».

Au Plan et à la Coopération sous l’autorité de Pascal Zagré

A Washington, George Bush, ancien patron de la CIA, avait pris la suite de Ronald Reagan à la Maison-Blanche. A Berlin, le mur n’était pas encore tombé. A Paris, François Mitterrand entamait tout juste la deuxième année de son second septennat et ce n’est que l’année suivante, en 1990, qu’il prononcera son « discours de La Baule ». A Ouaga, cet été-là, j’ai donc fait la connaissance (très brève) de Dabiré. Il était un des trois DG du ministère du Plan et de la Coopération, un ministère mis en place en octobre 1987, à la suite de la Rectification. Henri Bruno Bessin en était alors le secrétaire général et, depuis le 25 avril 1989, le ministre n’était autre que Pascal Zagré. Il avait occupé autrefois le poste de directeur de la planification du développement avant de prendre en charge le plus grand chantier de construction jamais entrepris au Burkina Faso : le barrage hydro-électrique de la Kompienga.

Zagré, économiste formé au Sénégal, en France et aux Etats-Unis, deviendra un ami très proche, m’accablant de notes, de rapports, d’analyses, de commentaires, de messages m’invitant à « débattre » de questions multiples et diverses : la maîtrise de l’énergie ; l’exploitation des ressources halieutiques sur les côtes africaines ; le droit pour le Burkina Faso de posséder une flotte maritime ; la problématique de la production, du transport, de la distribution d’énergie électrique, etc. Nous resterons constamment en contact.

Ayant quitté le gouvernement, il présidera la mission ministérielle chargée de négocier le premier PAS et sera aussi un des meilleurs analystes des risques liés à la dévaluation du franc CFA. J’ai encore dans mes archives son volumineux rapport sur le premier programme d’ajustement structurel signé par le Burkina Faso dans lequel il ne manquait pas de prendre en compte « les intrigues de palais », « les poussées revendicatives des travailleurs », « le souci de réconciliation nationale ». De cette expérience, ce travailleur infatigable tirera un livre : « Les Politiques économiques du Burkina Faso. Une tradition d’ajustement structurel », publié par Karthala en 1994. L’évolution du Burkina Faso lui posait problème. Il écrivait alors : « On constate dans ce pays, depuis un certain temps, un laisser-aller, sinon l’abandon pur et simple de l’observance de certains principes chers à cette partie d’Afrique et qui fait encore la fierté des Burkinabè dignes de ce nom, à savoir la sobriété et la modestie. L’homme intègre succombera-t-il à la tentation de la corruption, au comportement ostentatoire ? ».

En août 1994, il sera invité à l’université de Boston dans le cadre du Hubert H. Humphrey Fellowship Program. Il était parti avec une cantine bourrée de projets. Nous nous téléphonions régulièrement : il avait été nommé coordonnateur de la préparation des travaux du Sommet France-Afrique. Début septembre 1996, il était, me disait-il, « mal foutu ». Il est mort peu de jours après ; il avait 45 ans. Ses projets sont restés dans sa cantine ; ses craintes quant aux dérives de la société burkinabè se sont, elles, révélées exactes.

Dabiré, économiste formé à Lomé, Bordeaux et Lille, né à Wizin, dans le Sud-Ouest du Burkina Faso (actuelle province du Ioba), à la frontière avec le Ghana, fils de Dabiré Raphaël Metuorman, infirmier décédé en 1996 à l’âge de 80 ans, scolarisé à Bobo-Dioulasso, a donc servi sous Zagré qui, le 10 septembre 1990, sera remplacé au ministère du Plan et de la Coopération par Frédéric Assomption Korsaga. Korsaga ne restera que peu de temps au Plan et à la Coopération : le 16 juin 1991, il sera nommé numéro 2 du gouvernement en charge des Finances et du Plan, derrière Roch Kaboré nommé ministre d’Etat, en charge de la Coordination de l’action gouvernementale (un quasi Premier ministre !). Le plan, quant à lui, n’était plus qu’entre les mains d’un secrétaire d’Etat. Entre temps, deux figures majeures de la Révolution, le commandant Jean-Baptiste Lingani et le capitaine Henri Zongo, auront été fusillés, dans la nuit du 18 au 19 septembre 1989, après avoir été condamnés à mort par un tribunal militaire pour avoir voulu « restaurer un pouvoir fasciste » et être fustigés comme des « réactionnaires, anti-démocratiques, anti-populaires ». L’homme qui aurait fait capoter ce coup force était Gilbert Diendéré, alors patron des commandos de Pô.

Un premier patron qui deviendra un Premier ministre : Youssouf Ouédraogo

C’est en 1984 que Dabiré avait rejoint le ministère de la Planification et du Développement populaire (c’était alors son intitulé). Il y occupait les fonctions de directeur des Etudes et des Projets. Son patron était alors Youssouf Ouédraogo.

Ouédraogo était lui aussi un économiste. On a dit longtemps qu’il était « le meilleur économiste du Burkina Faso ». Ce qui était restrictif et avait le don de l’exaspérer. Formé à Dijon, il était revenu en Haute-Volta à la veille de la Révolution. Qui le propulsera à la présidence comme chargé de mission pour les affaires économiques auprès de Sankara avant d’être nommé, dès le 31 août 1984, dans le premier gouvernement du Burkina Faso (nouvelle dénomination du pays cette année-là), ministre de la Planification et du Développement populaire. Sankara avait pour habitude de renouveler le gouvernement, chaque année, en août. Le « camarade » Youssouf Ouédraogo fera partie de ceux qui conserveront leur portefeuille en 1985, en 1986, en 1987 (mais cette fois le caractère « populaire » du « développement » n’était plus dans l’intitulé). Compaoré, prenant la suite de Sankara, le conservera jusqu’à son remplacement par Zagré le 25 avril 1989. Ouédraogo sera alors nommé président du Conseil révolutionnaire économique et social (CRES) avant d’être élu député de sa province natale, le Bam, sur la liste du parti présidentiel : l’Organisation pour la démocratie populaire et du Mouvement du travail (ODP-MT).

Le 20 juin 1992, Dabiré quittera son poste de DG au ministère de la Planification et du Développement. Il sera appelé au gouvernement, au portefeuille de la Santé, de l’Action sociale et de la Famille, alors que Youssouf Ouédraogo était nommé au poste de Premier ministre, une fonction qui avait été supprimée, en Haute-Volta, par le colonel Saye Zerbo en 1980 (mais que Sankara assumera du 19 janvier au 17 mai 1983 au temps du Conseil de salut du peuple).

Youssouf Ouédraogo me disait, en 1993, que la Révolution a été, pour lui, « un héritage positif ». « Chaque pays, me précisera-t-il, a sa culture, chaque pays a son propre rythme et ses valeurs fondamentales. Quelle que soit la dynamique d’un système de gouvernement, elle est toujours teintée par les valeurs fondamentales du pays. Pour ce qui nous concerne, c’est d’abord le travail émancipateur. C’est ensuite la rigueur et la volonté de réussir. Et de pouvoir mobiliser, rassembler le peuple pour aller dans une direction qui lui permette de s’émanciper, de résoudre ses problèmes fondamentaux à partir, essentiellement, de ses propres moyens et de sa propre mobilisation ».

Youssouf sera, quand il quittera la primature, ambassadeur à Bruxelles avant de revenir au gouvernement en 1999 comme ministre des Affaires étrangères (avec, par la suite, le titre de ministre d’Etat). Le Burkina Faso était mis au ban de la « communauté internationale » à la suite de « l’affaire Norbert Zongo » et allait se trouver confronter à la première crise ivoirienne qui lui permettra de se replacer dans le jeu diplomatique franco-africain. Youssouf assumera ce rôle de patron de la diplomatie pendant neuf ans, avant d’être remplacé par Djibrill Bassolé. Il rejoindra alors la BAD comme conseiller spécial du président Donald Kaberuka. Il est mort prématurément – il n’avait pas encore 65 ans – le samedi 18 novembre 2017.

Ministre dans les gouvernements Kaboré et Ouédraogo

Dans le gouvernement de Youssouf Ouédraogo, Roch Kaboré était alors le premier des ministres avec le titre de ministre d’Etat, en charge des Finances et du Plan. Dabiré conservera son poste quand, le 22 mars 1994, Roch Kaboré formera son premier gouvernement, ayant accédé à la primature au lendemain de la dévaluation du franc CFA. Il sera encore à la Santé quand Kadré Désiré Ouédraogo prendra la suite de Roch Kaboré en février 1996. Lors du remaniement du 10 juin 1997, il sera nommé ministre de l’Enseignement secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique alors que le Premier ministre demeure Kadré Désiré Ouédraogo. Ce n’est qu’à l’arrivée à la primature d’Ernest Paramanga Yonli, en novembre 2000, que Dabiré quittera le gouvernement (il a été alors remplacé par le professeur Laya Sawadogo).

Kadré Désiré Ouédraogo a été, lui aussi, un premier ministre venu d’ailleurs. Il occupait le poste de vice-gouverneur de la BCEAO à Dakar quand il a été appelé à la primature. C’était un homme neuf sur la scène politique burkinabè, éloigné des luttes politico-militaires de la Révolution et de la Rectification. Lors de sa nomination, il n’avait d’ailleurs pas manqué d’affirmer n’appartenir à aucun parti (mais il sera candidat à la députation, sur la liste du CDP, dès 1997). Formé à Ouaga, Lyon, Paris (il est notamment diplômé de HEC), il a mené l’essentiel de sa carrière à l’international : la CEAO tout d’abord, puis la Cédéao et la BCEAO avant d’être nommé au poste de Premier ministre.. Effacé et discret, Ouédraogo voudra changer la donne burkinabè. « Le temps des idéologies est révolu », dira-t-il ; « la priorité étant le développement […] et le bien-être des populations ». Le tonitruant « La patrie ou la mort, nous vaincrons » de la Révolution laissera la place au triptyque « Unité-Progrès-Justice ». Mais « l’affaire Norbert Zongo » puis la crise politique ivoirienne vont le contraindre à adopter un profil bas, éloigné de ses ambitions initiales en matière de développement économique et social. A la fin de l’année 2000, il cédera la primature à Ernest Paramanga Yonli et sera nommé ambassadeur à Bruxelles avant d’obtenir le poste de président de la Commission de la Cédéao.

Député CDP quand Kaboré préside l’Assemblée nationale

Dabiré, ayant quitté le gouvernement en même temps que Kadré Désiré Ouédraogo, va siéger à l’Assemblée nationale. En fait, Dabiré a été élu dès les législatives du 11 mai 1997, fondatrices du CDP puisque, pour la première fois, des primaires avaient été organisées au sein du nouveau parti présidentiel et que, du même coup, 56 députés sortants avaient perdu leur mandat avant même le vote des électeurs. Dabiré fera partie de ces ministres technocrates qui vont se convertir à la politique. Il sera élu dans le département de Dano, Dano étant le chef-lieu de la nouvelle province du Ioba, dans le Sud-Ouest du Burkina Faso. Il sera réélu député, toujours dans les rangs du CDP, lors des législatives du 5 mai 2002 et obtiendra la présidence de la commission des Finances et du Budget (Comfib).

Le CDP a été créé en février 1996, résultant de l’absorption, par l’ODP-MT de huit groupuscules politiques plutôt gauchisants, appartenant à la majorité présidentielle. Se réclamant de la sociale-démocratie, le CDP avait ainsi été créé à la veille de l’arrivée de Kadré Désiré Ouédraogo à la primature.

Dabiré va siéger à l’Assemblée nationale tout au long de la troisième législature de la IVè République alors que le perchoir était occupé par Roch Kaboré. En 2007, il sera nommé commissaire chargé du département du marché régional, du commerce, de la concurrence et de la coopération de l’UEMOA. Du même coup, il se retrouvera en marge de l’évolution politique et sociale du Burkina Faso. C’est en mai 2017 qu’il quittera l’Uemoa. Son successeur sera Ibrahima Dieme qui décédera l’année suivante, le 8 septembre 2018. Blaise Compaoré et son régime sont tombés à la suite d’une « insurrection populaire » après que son parti, le CDP, ait implosé sous la pression de Roch Kaboré et de Salif Diallo. Une belle transition menée par Michel Kafando va permettre une élection présidentielle qui verra Roch Kaboré l’emporter. Dabiré aura été absent de toutes ces séquences fondatrices de l’émergence d’un « Burkina nouveau ».

*

Zagré, les Ouédraogo et Kaboré ont formaté pendant plus de trente ans Christophe Dabiré. Quatre économistes ont été les « parrains » d’un autre économiste. Par ailleurs, il faut relever que le nouveau Premier ministre est l’aîné de ceux qui ont été, au cours des décennies passées , ses « patrons ». Dabiré est né à la fin des années quarante ; Pascal Zagré, Youssouf Ouédraogo, Kadré Désiré Ouédraogo et Roch Kaboré sont nés dans les années cinquante (respectivement 1951, 1952, 1953 et 1957). Est-ce à dire que le « Pays des hommes intègres » manque d’hommes politiques crédibles et compétents pour, qu’une fois encore, on ait recours à un économiste ? Est-ce à dire que le « Pays des hommes intègres » manque de jeunes hommes aptes à assumer la charge du pouvoir alors que, par le passé, il a été géré par des trentenaires et des quadragénaires ?

Ce qu’il faut espérer, c’est que les « parrains » de Dabiré aient laissé en lui un peu d’eux-mêmes. Bien avant d’accéder à la primature, Dabiré prônait « la simplicité » qui « rend disponible pour tous et accessible à tous », mais aussi « la persévérance » qui « permet de relever la plupart des défis » et, enfin, « la rigueur dans le raisonnement, le comportement et les décisions », une rigueur qui, disait-il alors*, « fait la force des hommes qui ne marchandent pas leurs principes ». A deux ans de la prochaine échéance présidentielle, c’est avec impatience que l’on attend de voir Dabiré à l’œuvre.

* Ces principes sont les « enseignements majeurs » que Christophe Dabiré a retenu de sa longue amitié fraternelle avec le professeur Souleymane Soulama, directeur de l’Unité de formation et de recherche du département sciences économiques et gestion (UFR/SEG) de l’université Ouaga II, décédé le 27 février 2010.

Jean-Pierre Béjot
La Ferme de Malassis (France)
24 janvier 2019

Vos commentaires

  • Le 26 janvier à 20:16, par sidbala En réponse à : Christophe Dabiré : Un Premier ministre formaté à l’ombre de glorieux… cadets

    Merci beaucoup pour nous avoir fait revivre notre histoire.
    C’est juste que le nouveau premier ministre est un homme très sage et un homme de principe, sa réussite dans sa mission dépendra du président Roch, s’il lui donne le pouvoir de manœuvrer du haut de son âge les brebis galeuses rentreront dans les rangs, mais Roch veut encore se laisser manipuler par ceux qui l’ont conduit en erreur avant et après l’insurrection, je suis persuadé que le premier ministre lui dira gentille ment merci de me faire confiance, mais je ne suis pas à la hauteur de vos attentes.

    A ce moment le président sera très mal barré et lui et tous les griots qui l’entourent.

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  • Le 26 janvier à 21:52, par TANGA En réponse à : Christophe Dabiré : Un Premier ministre formaté à l’ombre de glorieux… cadets

    Zam pèré, mais tu ne nous a pas dit de quand à quand Blaise COMPAORE a financé votre journal ou et si il continu à le financer.

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  • Le 26 janvier à 22:31, par broo En réponse à : Christophe Dabiré : Un Premier ministre formaté à l’ombre de glorieux… cadets

    Il est important de jeter un coup d’œil dans le rétroviseur sans trop insister, faute de quoi on peut être surpris par un iceberg comme dans l’histoire du Titanic ce géant des océans qui a sombré dans l’abime. Il faut avoir toute son attention vers l’avant, scruter l’horizon, détecter, le moindre danger. Il faut garder le cap comme disait récemment un doyen des ambassadeurs. On traverse une zone de turbulence paroxystique, il faut rapidement analyser les paramètres du tableaux de bord. Prendre la mesure de la situation : il faut détecter les fausses alertes en ne négligeant aucun signal. Il faut veiller à ce que tous les membres de l’équipage soient à leur place et accomplissent à fond leurs taches.
    Il faut donner des consignes fermes aux passagers à bords tout en rassurant que la situation est sous contrôle. Les passagers viennent de loin déjà meurtris et angoissés ; le nouveau commandant doit effectuer rapidement un pic salvateur pour les rassurer du décrochage, qui est à la limite de l’irrécupérable. Les minutes, pour ne pas dire les secondes sont comptées, pas de temps à perdre à regarder dans le rétroviseur, le tableau de bord affiche déjà assez et pendant longtemps des signaux de détresse. La situation est gravissime, prions et espérons atteindre un temps favorable clément, le commandant de bord pourra passer en pilotage automatique, période d’accalmie ou il pourra écouter et méditer les louanges. L’heure n’est pas à la diversion gardons toute chose en son temps, tout comme Dieu fait toute chose belle en son temps, car nous avons été créés à son image.

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  • Le 27 janvier à 00:37, par Dibi En réponse à : Christophe Dabiré : Un Premier ministre formaté à l’ombre de glorieux… cadets

    Ah ! J’ai au début cru, par le style, à un papier de ce torchon qu’est "Jeune Afrique". Mais à la fin, la signature de l’article m’a convaincu du retour, sur les vieux caïlcédras de Ouaga, d’un vieux vautour de la presse françafricaine.
    Cette race d’oiseaux rares connait bien et fréquente par acquis de connivence, toutes les pourritures sous nos latitudes. Ils ne sont pas que journalistes ; ils sont plus que ça et sont très bien renseignés et infiltrés dans le marigot tropical. Et c’est par eux, RFI, France24, les antennes du Quai d’Orsay que sont suggérés les bons profils néocoloniaux aptes aux fonctions gouvernementales dans le pré carré français.
    Des profils de bancocrates bon teint, issus du FMI-BM et autres structures d’intégration (BCEAO-CDEAO-UEMOA du Franc CFA) du capital périphérique au grand capital de domination néolibéral ; ou des profils de bureaucrates zélés venant des structures de la haute administration onusienne et de ses appendices africains de recolonisation.
    Cela fait maintenant plus de trente ans que ce type de profils domine dans les formations gouvernementales des néocolonies d’Afrique, sans réels résultats concrets, visibles en terme d’amélioration des conditions de vie des populations ; c’est même de pire en pire, qu’elles vivent. On ne voit pas de développement, le chômage reste endémique, les structures de santé et de formation scolaire se délitent et l’insécurité règne à tous les niveaux devant l’extension rampante et visible du terrorisme djihadiste conjuguée avec la multiplication des bases militaires occidentales installées à domicile dans l’indifférence quasi générale des opinions publiques et des oppositions politiques bidon.
    C’est dire que nous méritons ce qui nous arrive et que nous subissons, c’est à dire des gouvernements dédiés à d’autres missions à savoir la gestion néolibérale d’entités néocoloniales et non le service à leurs peuples.
    Na an lara, an sara !
    La Patrie ou la mort !

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  • Le 27 janvier à 01:02, par Zach En réponse à : Christophe Dabiré : Un Premier ministre formaté à l’ombre de glorieux… cadets

    tres comprehensif mais un peu desuet a l’heure actuelle ? j’ai peur qu’on echoue encore a creer la mentalite du temps de Sankara (83-89). j’ai peur parce-que la metalite actuelle au Faso est tellement contraire. Que faire ?

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  • Le 27 janvier à 01:36, par Mechtilde Guirma En réponse à : Christophe Dabiré : Un Premier ministre formaté à l’ombre de glorieux… cadets

    « Chaque pays, me précisera-t-il, a sa culture, chaque pays a son propre rythme et ses valeurs fondamentales. Quelle que soit la dynamique d’un système de gouvernement, elle est toujours teintée par les valeurs fondamentales du pays. Pour ce qui nous concerne, c’est d’abord le travail émancipateur. C’est ensuite la rigueur et la volonté de réussir. Et de pouvoir mobiliser, rassembler le peuple pour aller dans une direction qui lui permette de s’émanciper, de résoudre ses problèmes fondamentaux à partir, essentiellement, de ses propres moyens et de sa propre mobilisation ».

    Merci Mg Béjot de nous rappeler tout cela. En effet, j’ai appris en sociologie, qu’« une révolution ne détruit jamais les valeurs fondamentales d’un pays. Tout au contraire, ce qu’elle demande c’est remodeler les comportements pour restaurer les valeurs dans leur authenticité ». N’est-ce pas qu’après que la révolution de 1789 ait balayé tout ce qu’il y avait d’Église catholique (et aussi chrétienne), et ce malgré la présence d’un certain Abbé Sieyès, il y eut la tentative d’instaurer le culte de l’Être Suprême, avant que de nouveau la France ne se rappelle de la parole du Christ : « Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas »(Lc, 21, 29-33).

    Elle fit même mieux : « Allez ! De toutes les nationss faites des disciples »(Matthieu (28, 16-20),

    Oui en effet éradiquer la corruption, médicaliser l’excision au lieu de nous imposer le « LGBT-isme » par le chantage économique. C’est pourquoi, et cela me conforte dans mes positions, Youssouf et Yé Arsène Bongnessian m’ont appuyée pour mon projet de démocratie : Au lieu d’une case des Ancêtres, comme loi fondamentale pour la Nation burkinabé, il nous faut une Constitution (dans son sens actualisé et moderne) qui réponde à nos valeurs fondamentales. Encore faut-il, pour bien faire,qu’on ne détruise pas les témoins de l’histoire que sont ces cases.

    D’un autre côté vous avez cité le Premier Ministre Dabiré : « la simplicité » qui « rend disponible pour tous et accessible à tous », mais aussi « la persévérance » qui « permet de relever la plupart des défis » et, enfin, « la rigueur dans le raisonnement, le comportement et les décisions », une rigueur qui, disait-il alors*, « fait la force des hommes qui ne marchandent pas leurs principes » :

    Simplicité, disponibilité, accessibilité à tous et persévérance OUIIIIIIIIIII !
    Permet de relever le défi : Tout à fait Mr Béjot
    Rigueur dans le raisonnement, le comportement et décision fait la force des hommes qui ne marchandent pas leurs principes : Absolument

    Dans le premier de ces postulats ci-dessus, je dirai plutôt que les « parrains », que vous collez au Nouveau Premier Ministre (dont vous citez aussi ces paroles vertueuses comme pour les prêter aux parrains), n’ont pas tous répondu aux critères de :« la force des hommes qui ne marchandent pas leurs principes ». Seul Youssouf Ouédraogo y répond vraiment. Encore faut-il que pour que le filleul sache suivre son parrain, cela dépend aussi du milieu éducationnel d’où l’on vient. Je veux dire aussi de ses géniteurs naturels (ou tout simplement de sa culture).

    De mes demandes d’audience et de mes correspondances, Son Excellence Youssouf Ouédraogo a répondu quand il était Premier ministre. Et n’eût été les intrigues de deux de mes collègues femmes du ministère avec un milieux mafieux français, bref….Mais Youssouf est toujours fidèle à ses principes…
    Mais j’avoue que je n’ai pas eu à demander une audience ni envoyé quoique ce soit au Ministre Zagré.

    J’ai quitté le Burkina quand Youssouf Ouédraogo était Ministre des Affaires Étrangères pour le Canada pays où il y a la liberté d’expression tant individuelle que de presse.

    Quand je suis partie le voir pour le remercier et lui dire un simple au revoir, il m’a dit en me laissant devant la porte de son bureau au premier étage « Nous nous reverrons très bientôt ». Je n’ai pas compris ce qu’il voulait dire. Il est donc parti avec son secret. Mais après sa mort, cela était comme la confirmation de ce dont je doutais dès le départ, à savoir comme s’il voulait me dire « Surtout ne revient pas de si tôt. Mais profite pour tenter ta chance » (Dans les traditions africaines, pour cerner l’énigme d’une phrase, il faut la reprendre dans son sens contraire).

    Quand aux deux parrains, Ouédraogo Kadré Désiré-Kaboré Rock, aucune réponse, ni à mes propositions ni, à mes demandes d’audiences.

    Je veux dire effectivement que les « fins ne justifient pas toujours les moyens ». Encore que dans une révolution, il faut qu’on sache faire la distinction ou mieux le discernement entre « faire table rase pour reprendre les fils conducteurs des fondamentaux (expression que je vous dois d’ailleurs) et destructions massives de biens, de cultures prétendument néfastes, de l’âme de Peuples, pour remplacer avec quelque chose de tout à fait nouveau, de bâtard si vous me permettez le mot avec des « doses de folies »…furieuses non loin du terrorisme. Je crois qu’en Europe vous en vivez maintenant les conséquences. Pourquoi l’Afrique se priverait-elle alors d’être prévoyante et puiser dans cette expérience édifiante, quitte à vous venir ensuite à votre secours pour réinstaller de nouveau l’équilibre européen non pas avec ses valeurs à elle, mais les vôtres propres.

    Merci Mr. Béjot de ce rappel historique très précieux.

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  • Le 27 janvier à 06:57, par caca En réponse à : Christophe Dabiré : Un Premier ministre formaté à l’ombre de glorieux… cadets

    J’avoue que j’ai lu l’article de Mr Bréjot sans rien comprendre l’objectif de toute la révélation sur le parcours concernant le nouveau PM qu’il semble bien connaître. Je suis également surpris que ce sont toujours les gens de l’extérieur qui connaissent mieux notre histoire et peuvent nous renseigner. Si j’ai bien compris le formatage du nouveau PM, par les jeunes ainés en politique, c’est simplement une continuité d’une certaine génération à diriger le pays. Bien que Mr Dabiré soit plus âgé que les Rock, il fait la même génération de révolutionnaire déguisés en démocratie. La force politique de Mr Dabiré réside bien son parcours atypique dans l’économie et la planification qu’il maitrise. Son expérience est fondamentale en rapport au défi qu’il doit relevé pour le bien d’être des burkinabé. Mais la faiblesse de Mr Dabiré est aussi son âge, à 71 ans que peut-il donner encore au pays et surtout dans le contexte post-insurrectionnel où tout aussi est prioritaire avec un peuple de plus en plus récalcitrant et rebelle, impatient et voyou. Il y a même un passage de la Bible qui résume bien l’esprit post-insurrection. " 1 Sache que, dans les derniers jours, il y aura des temps difficiles. 2 Car les hommes seront égoïstes, amis de l’argent, fanfarons, hautains, blasphémateurs, rebelles à leurs parents, ingrats, irréligieux, 3 insensibles, déloyaux, calomniateurs, intempérants, cruels, ennemis des gens de bien, 4 traîtres, emportés, enflés d’orgueil, aimant le plaisir plus que Dieu, 5 ayant l’apparence de la piété, mais reniant ce qui en fait la force. Eloigne-toi de ces hommes-là." 2Ti 3, Mais croyons toujours à la providence divine, sinon le contexte burkinabé est difficile aujourd’hui. Merci aussi à Mr Bréjot pour l’histoire.

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    • Le 27 janvier à 20:04, par Mechtilde Guirma En réponse à : Christophe Dabiré : Un Premier ministre formaté à l’ombre de glorieux… cadets

      Mon cher caca, détrompez-vous. Ce que Mr. Béjot veut peut-être nous rappeler, c’est comme dit le proverbe chez nous « les jeunes aigles ne savent pas qu’ils ne doivent pas chasser les chauves-souris ». Cela veut dire quoi ? Que par manque d’expérience, les jeunes aigles se font tuer, parce que cette viande alléchante qu’ils voient suspendue, une fois décrochée, la chauve-souris déploie ses ailes, entoure l’aiglon et lui enfonce les crocs dans les veines du cou et suce son sang à mort. Sankara était un jeune aigle. Il en a payé de sa candeur de croire qu’il était un « Messie » tout en détestant le vrai. Blaise a mis du temps pour s’imposer au monde International. Ce fut Michel Kafando qui l’a tiré d’affaire (à propos veuillez présenter à son Excellence Kafando mes bons souvenirs) : Ad yel bé pugê m’bé nééré kwé.

      Bref je veux dire qu’il n’y a désormais que la génération de nos petits frères pour sortir d’affaire notre pays. Et pourquoi ? Beaucoup de Générations ont été sautée avec leur savoir faire leur compétence pour le suivi. De même celle de nos grands frères à nos petits frères en passant par la nôtre. Pire ce sont nos enfants aujourd’hui qui sont au pouvoir (alors qu’à côté de nous celui qui est au pouvoir est de notre génération). Si cette tendance se poursuivait, moi je crois qu’il va falloir faire une croix sur l’avenir de notre pays.

      Qu’on éclipse ma génération, cela ne me gêne pas de rester toujours disponible pour aider de mon expérience, et l’aide est de toutes sortes, les livres qu’on écrit des initiatives privées qu’on développe. Mais encore faut-il qu’on puisse le faire et qu’on ne nous les sabote pas parce que nous disons des vérités qui dérangent.

      Mais si nous commettons l’erreur d’éclipser la génération de nos petits frères surtout les 70 ans et bien plus, il vaut mieux jeter l’éponge. En effet Cette génération n’est pas celle des pleurnichards. Mais c’est une génération martyr, presque la dernière à détenir les secrets de l’expérience. C’est une génération persécutée dès qu’on découvre qu’elle persiste et signe dans sa détermination à vouloir rester « des hommes qui ne marchandent pas leurs principes » : alors on les casse par tous les moyens : les calomnies, entretient la confusion des rôles, des faits et gestes, on les étouffes dans la haine etc. jusqu’à ce qu’on les rejette parce qu’on aurait obtenu d’eux ce qu’on voulait et on les remplace par des jeunes « Messie » et le cercle vicieux se poursuit.

      Moi je crois que c’est ce que Mr. Bejot veut souligner, et même s’il ne le disait pas, tout au moins on devrait souhaiter tout le bien voire prier pour le nouveau Premier Ministre, car il a tout de même un bagage intellectuel et culturel à ne pas négliger.

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  • Le 27 janvier à 18:05, par Sans intérêt En réponse à : Christophe Dabiré : Un Premier ministre formaté à l’ombre de glorieux… cadets

    M. GUIRMA, on a l’impression que vous êtes devant un miroir, pour vous même. Et pas pour vous faire comprendre par les autres. Non seulement cet article est shallow, comme diraient les anglais, mais il ne nous apprend rien sur le nouveau PM et votre commentaire encore moins.

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    • Le 28 janvier à 00:30, par Mechtilde Guirma En réponse à : Christophe Dabiré : Un Premier ministre formaté à l’ombre de glorieux… cadets

      ouf ! tant mieux si je vous apprends rien. Je ne le connais pas particulièrement parce que je ne l’ai jamais fréquenté. Mais je connais sa génération. C’est la seule qui nous reste. Ne vous en faite pas je ne me mire pas sur sa génération. Je suis bien loin, très loin, je suis sa grande soeur. Alors vous comprenez je ne parlais pas à sans Intérêt je parlais à caca.

      Merci.

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      • Le 28 janvier à 03:06, par caca En réponse à : Christophe Dabiré : Un Premier ministre formaté à l’ombre de glorieux… cadets

        Internaute Mechtilde Guirma, donc vous voulez gouverner avec votre frère. C’est ça le problème de l’africain, le népotisme. A 71 ans, je resterais dans mon salon avec mes petits enfants, et profiterais de la vie qui me reste peu.

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        • Le 28 janvier à 13:47, par Mechtilde Guirma En réponse à : Christophe Dabiré : Un Premier ministre formaté à l’ombre de glorieux… cadets

          Mais non mon pauvre caca, vous n’avez rien compris. Voyez mon post avec sahel vigilant. Cela veut dire que ma génération, nous avons travaillé avec abnégation malgré nos salaires tout le temps coupés pour des efforts je ne sais trop quoi... Mais on était jaloux de nous, Ceux qui avaient le pouvoir pensaient qu’avec nos initiatives, à la longue nous risquions de leur prendre la place. Or c’est parce que nous avons espéré avec le discours mirobolant de Sankara, que nous pouvions l’aider à réussir le bonheur pour tous qu’il voulait apporter au peuple. Non il nous a montré qu’en effet, espérer c’était vain et c’est pourquoi il disait tout le temps que pour atteindre ses buts « Il faut prendre l’argent là où il est ». Et tout le monde sait ce qu’il en a coûté à chacun de nous et nos salaires ces théories de « grands Esprits Sankara-Rosiniens ». Et qu’est-ce que vouliez qu’on fasse ? Qu’avec aussi notre dose de folie on entre en maquis avec des armes ? Nous n’étions pas des despotes éclairés. Nous avons laissé les despotes poursuivre leur œuvre de « grands esprits ». Et voilà où on en est. De vrais grands Esprits qui écument nos frontières avec de bonnes doses de folie. Seulement et heureusement pour nous il reste des gens dans la tranche des 70 qui ont encore de notre expérience. Un proverbe moagha dit : « Bulbi gando pid raagan :» ce qui veut dire que si vous allez au marcher pour vous trouver une couchette, vous ne trouverez que des peaux de cabris, jamais celle du bouc ou de la chèvre. Parce que les cabris sont prisés dans les rites des funérailles

          Alors profitons-en pendant qu’il est temps. C’est la dernière chance que le Dieu de miséricorde nous offre de toujours espérer et vous invite de les suivre pas à pas pour faire votre expérience en priant pour eux. Ne vous pressez pour arriver vite au pouvoir en sautant des étapes, des erreurs monumentales qu’on appelle « dose de folie »... La pauvre vous lui montez déjà la tête en lui faisant miroiter Kosyam. C’est déjà faussé si c’était son objectif en acceptant le poste de Ministre à défaut de PM au départ. Et tout semble l’être, puisque toute une génération semble déjà l’attendre. À moins qu’un autre coup d’État qu’on qualifierait cette fois d’idiot et piètre/versus esprit ne vienne tenter de l’installer. En tout cas caca si vous acceptez humblement suivre l’expérience des « soixante dizzard » (si vous me permettez le mot) et plus, ce serait votre tour demain de tenir les reines du pouvoir. Quant à moi ne vous en faites, car je vise mes buts avec espoir et j’ai les choix de mes moyens. En passant j’ai souvent aimé vos postes. C’est pour cela que je cause affectueusement avec vous.

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  • Le 27 janvier à 20:37, par sherif sy En réponse à : Christophe Dabiré : Un Premier ministre formaté à l’ombre de glorieux… cadets

    Quelqu’un peut-il m’eclairer sur le cursus scholaire de Sherif Sy. Je ne le trouve nul part. Seul information on dit qu’il etait journaliste. Mais de quelle ecole ?

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  • Le 27 janvier à 21:57, par Le vigilant du Sahel En réponse à : Christophe Dabiré : Un Premier ministre formaté à l’ombre de glorieux… cadets

    En réponse à l’internaute Caca, je dirais que l’Afrique ne peut pas connaître son histoire, parce que les archives sont considérées comme inutiles. Contrairement aux pays du Nord, personne n’accorde de l’importance aux archives dans les pays africains.

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    • Le 28 janvier à 01:59, par Mechtilde Guirma En réponse à : Christophe Dabiré : Un Premier ministre formaté à l’ombre de glorieux… cadets

      Merci le Vigilan Sahel,
      Précisément dans mon ministère, et vous pouvez vous renseignemer je me suis battue, bec et ongles, pour les archives pendant la révolution quand j’assurais l’intérim du directeur des archives, parce que Sankara avait envoyé les directeurs de la tranche d’âge de sa génération (ils n’avaient pas encore 50 ans), sous prétexte que c’était des vieux, faute de les dégager, en brousse pour être préfet. Sankara avait fait vider les armoires et fait entasser les archives dans un local comme un tas d’immondices. Il disait que c’était de la bourgeoisie et qu’il fallait donner les armoires aux plus pauvrex c.à.d. aux préfectures dans les villages. Alors moi j’ai initié la construction d’un bâtiment d’archives. Puis j’ai initié une lettre-circulaire pour tous tous les consules honoraires (certains d’entre eux, en Allemagne et en Belgique, avaient d’ailleurs été proposés par mon mari). Puis je suis partie au Ministère du plan, et là un architecte m’a confectionné un très beau plan. Ensuite j’ai parcouru les Institutions Internationales et les ambassades. Dès que j’ai fini ce travail, paf on me déboulonne. Et Sankara envoie mon mari (il était son conseiller diplomatique) pour me dire qu’il ne voulait pas que les femmes se prostituent pour avoir de l’aide pour leur service. Je dis OK. Alors je suis restée tranquille à me tourner les pouces au bureau. Puis un jour le PNUD me téléphone et me rappelle qu’il avait refusé ma demande parce que leur aide ne s’investissait pas dans les bâtiments. Mais comme le Président Sankara leur a envoyé le Directeur Didier Ouédraogo des archives nationales demander de l’aide, ils ont accepté mais à condition qu’on intègre le mien, parce que j’étais la première.

      Mieux, du côté des consules généraux, celui de la Grande Bretagne avait demandé au ministère, d’envoyer le projet et le plan parce qu’il avait fait une collecte et a obtenu des milliards. Ce qui allait lui permettre de financer des projets et qu’il pouvait donc incorporer celui que je lui avais envoyé, et de le lui envoyer afin qu’il puisse soumettre en même temps qu’un projet zimbabwéen. Or quand on m’a déboulonné, un autre projet avec un autre plan avait été envoyé mais fut rejeté. On vint me demander si je n’avais pas une copie de mon projet, j’ai dit non. Point-barre. D’un autre côté une ambassade devant moi sur place avait promis quelques millions, en attendant de faire plus. Quand Sankara a appris, cela il a demandé à ce qu’on lui verse cet argent parce que pour lui, il y avait d’autres priorités. Maintenant est-ce que l’argent lui a été versé, ça je l’ignore (ça m’étonnerai), car je ne me suis plus intéressée à quoique ce soit. « Sans intérêt » voilà mon vrai miroir et j’en suis fière.

      Soit dit en passant que Moi ma tranche d’âge a été envoyée à la retraite anticipée sur les exigences du PAS. Parmi nous il y avait dans mon ministère un parent du Nouveau PM.

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      • Le 28 janvier à 10:13, par caca En réponse à : Christophe Dabiré : Un Premier ministre formaté à l’ombre de glorieux… cadets

        Mechtilde Guirma, sur ce point vous êtes bien une personne intègre. Il faut garder nos archives, c’est notre histoire car je suis sûr que dans quelques années l’histoire du président Blaise Compaoré sera partiellement connu. On retiendra toujours de l’assassinat de Thomas Sankara. J’ai été personnellement bouleversé en apprenant l’histoire du peuple moaga à la Sorbonne par les occidentaux ainsi que la culture africaine.
        Le nouveau PM a certainement des compétences, mais c’est dommage que c’est maintenant qu’il sera mis à l’épreuve. Quand on sait qu’à cet âge de papy on aime dormir beaucoup, il nous sera difficile d’espérer son expertise. Mais sur le plan de réconciliation nationale, il est une solution qui fait le lien avec nos compatriotes du sud-ouest, car la premier fois que cette parti du Burkina est honoré. Je ne crois pas aux résultats escomptés,mais les dagaras peuvent être contents avec leurs petits enfants.

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    • Le 28 janvier à 10:24, par caca En réponse à : Christophe Dabiré : Un Premier ministre formaté à l’ombre de glorieux… cadets

      Le vigilant du Sahel, ce que vous dit est bien grave, car la connaissance de notre histoire est cependant importante. dans ce contexte, il faut comprendre un certain Nicolas Sarkozy qui disait que l’homme noir n’est pas assez rentré dans l’histoire. Si c’est Paris chaque fois qui renseigne notre histoire nous sommes bien barrés. Les archives sont bien notre miroir qu’il faudrait miroiter à chaque fois avec nos papys.

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  • Le 28 janvier à 11:25, par Maria de Ziniaré En réponse à : Christophe Dabiré : Un Premier ministre formaté à l’ombre de glorieux… cadets

    Merci Mechtilde Guirma pour votre post qui nous apprend beaucoup et tranche avec les insultes et les refrains que certains nous déversent à longueur de journée sur le forum. J’avoue que j’étais perdu quand vous avez commencé à parler de génération : n’eut été là précision sur votre passage aux archives durant la période Sankara je vous aurait pris pour Frédéric GUIRMA le doyen des ambassadeurs . Ce que je retiens de l’article de Béjot c’est que DABIRÉ est un économiste qui a eu le privilège de vivre au cœur de notre eco système pendant la révolution avec l’auto ajustement structurel ( sans l’aide des institutions de Breton Wood) et pendant l’ouverture démocratique, il a une solide expérience gouvernementale ( plusieurs fois ministre) et parlementaire et Internationale par le biais de la Commision de l’UEMOA. Ce profile fait d’un mélange d’exécutif’ de parlementaire et d’internationale aucun premier ministre ne l’a eu dans notre pays.Youssouf OUEDRAOGO, RMCK et YONLI n’ont jamais eu une expérience internationale avant leur passage à la Primature, KDO et PKT n’ont jamais eu une expérience parlementaire. JMCMD pour avoir été au cœur du système depuis plus de 40 ans a donc le mérite de bien connaître le cheminement économique du Faso depuis la révolution, l’articulation entre l’exécutif et le législatif et l’interrelation de notre Faso avec les autres pays du monde.

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    • Le 28 janvier à 14:23, par Mechtilde Guirma En réponse à : Christophe Dabiré : Un Premier ministre formaté à l’ombre de glorieux… cadets

      Merci beaucoup Marie de Ziniaré. Je vous ai souvent lu et j’étais fière de voir enfin une femme qui s’engage résolument dans les débats politiques, quelque soit son bord peu m’importe. Nous les femmes nos opinions et nos expériences compte pour reformuler ce pays. S’il n’y avait pas les jalousies de ce que nous sommes, d’être à la hauteur d’exprimer nos opinions sans acrimonie, je vous assure qu’on allait être déjà loin aujourd’hui. Mais ne désespérez pas espérez toujours car l’espoir compte énormément.

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