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Résilience à l’insécurité alimentaire : L’ONG IPA et ses partenaires décryptent les résultats d’une pré-enquête réalisée dans deux régions du Burkina

Accueil > Actualités > Société • LEFASO.NET | Aïssata Laure G. Sidibé • jeudi 6 décembre 2018 à 00h16min
Résilience à l’insécurité alimentaire : L’ONG IPA et ses partenaires décryptent les résultats d’une pré-enquête réalisée dans deux régions du Burkina

Une réunion de restitution des résultats préliminaires de l’enquête de base d’un programme multidimensionnel sur la résilience à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle dans les régions de la Boucle du Mouhoun et de l’Est du Burkina Faso, s’est tenue le mercredi 5 décembre 2018, à Ouagadougou. Financé par l’Union européenne à hauteur de 30 millions d’euros (soit environ 20 milliards de F CFA), le programme est mis en œuvre par cinq consortia (dont 28 organisations) dans quatre régions.

L’objectif final de l’enquête, selon Aliou Baguissa Diallo, chargé de recherche à IPA (Innovation for poverty action), « c’est de voir si à travers le programme Fonds fiduciaire d’urgence résilience qui va à la fois cibler les interventions sur le court terme telles que les transferts monétaires et les interventions sur de long terme notamment l’accroissement des capacités productives des ménages vulnérables à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle, on peut arriver à accroître la résilience des populations aux chocs (sanitaire, climatique, l’augmentation des prix) ». Mais pour l’instant, il s’est agi d’avoir une photographie de la situation de départ avant les interventions.

Sur cette base, le chargé de recherches à IPA, qui était assisté par le Pr Andrew Dillon de l’Université de Northwestern, s’est réjoui du bon déroulement du ciblage des bénéficiaires : « On a les groupes vulnérables qui sont suffisamment représentés, notamment les femmes enceintes, les femmes allaitantes, les enfants de moins de cinq ans. Il ressort également qu’il y a une comparabilité entre les différents groupes de villages c’est-à-dire que les villages de contrôle qui n’ont pas bénéficié des interventions au départ sont comparables au groupe de villages qui vont recevoir les interventions. Et cela contribue à valider notre recherche ».

Relativement au choix des bénéficiaires, le travail a été fait de façon collaborative avec les ONG internationales et locales, et les communautés, toujours selon lui. « Dans un premier temps, nous avons fait une numération aléatoire avec les deux partenaires (Consortium Promirian et Resiane) dans les régions de la Boucle du Mouhoun et de l’Est. Ils nous ont transmis une liste de villages. Sur cette liste, on a sélectionné 85 villages par région qu’on a répartis aléatoirement en quatre groupes.

Par la suite, au cours des assemblées villageoises, les communautés ont choisi leurs ménages les plus vulnérables sur des critères de pauvreté, le nombre des enfants de moins de cinq ans, les femmes enceintes et les femmes allaitantes. C’est sur la base de ces critères qu’ils nous ont fourni la liste des 21 bénéficiaires qui sont les plus pauvres et les plus vulnérables dans leurs communautés », a-t-il dit. Au total, 7 083 ménages sont repartis en bénéficiaires. Aussi, lors de l’enquête de base, les mesures anthropométriques de 10 883 enfants de moins de cinq ans ont été prises.

Une telle enquête ne s’est pas faite sans difficultés. « Il y a l’acceptabilité. Il faut expliquer aux gens que certains vont bénéficier du programme et pas d’autres. Tout un travail autour de la communication a été fait pour faire adhérer les communautés au projet parce que sans cela, ce n’est pas facile. La deuxième contrainte est d’ordre sécuritaire. Comme l’a dit le représentant de l’Union européenne, Eric Pitois, les régions de la Boucle du Mouhoun et l’Est ont été choisies initialement parce que ça semblait être des zones stables mais ces derniers temps, on assiste à une dégradation de la sécurité dans ces régions », a ainsi énuméré M. Diallo, qui pense déjà aux perspectives du programme.

« En 2019, si tout va bien, on va avoir d’autres interventions à la période de soudure. Il y aurait du cash de nouveau, la distribution de la farine aux enfants, aux femmes enceintes et allaitantes. En 2020, on va faire une revue annuelle pour voir les effets du programme. A ce moment, on va produire un rapport avec plus de détails et de résultats ».

En rappel, le budget alloué à la recherche se chiffre à 800 000 euros.

Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net

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