Secteur agricole : Une rencontre d’échanges pour une facilitation de l’accès au financement

lundi 16 avril 2018 à 20h43min

Le monde rural au Burkina Faso regroupe plus de 80% de la population et la part du secteur primaire dans le produit intérieur brut est de 30%. Paradoxalement, seulement 3,5% des crédits octroyés par la banque concerne le secteur agricole et ne touche que 15% des producteurs. Dans le cadre de ses missions d’appui, le Programme développement de l’agriculture (PDA) accompagne les acteurs du secteur rural dans l’amélioration de la compétitivité des filières ainsi que le développement et la promotion des prestations de services agricoles. C’est ainsi qu’une rencontre d’échanges sur le financement agricole s’est ouvert ce lundi 16 avril 2018, à Ouagadougou. Présidés par le secrétaire général du ministère de l’agriculture et des aménagements hydrauliques, Moussa Maïga, les travaux se poursuivent jusqu’au 17.

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Secteur agricole : Une rencontre d’échanges pour une facilitation de l’accès au financement

Ce cadre de rencontre fait suite à un atelier d’échanges entre les entrepreneurs agricoles et les institutions financières initié par le Programme développement de l’agriculture (PDA), un programme exécuté par le GIZ, en 2014. L’ambition était que les deux parties s’informent mutuellement sur les potentialités de leurs activités, besoins en financement et les conditions d’accès aux crédits. Après quatre ans de collaboration, l’heure est aux conclusions. Concrètement, il s’agira au cours des travaux, de faire le bilan de la collaboration entre les chaines de valeurs agro-alimentaires accompagnées par le programme, à savoir le riz, le sésame, le manioc et les institutions financières. Ceci, en vue d’apporter des propositions d’amélioration pour faciliter l’accès au financement dans le secteur agricole.

Pour le conseiller technique senior du PDA, les faiblesses structurelles dans le financement agricole demeurent une réalité « au pays des hommes intègres ». « Nous avons beaucoup appuyé les acteurs à trouver des pistes qui permettent de financer au moins les activités les plus porteuses. Dans le passé, on a aidé les acteurs à élaborer des plans d’affaires. Une partie a été financée et d’autres non. Ce dernier point sera discuté pendant ces deux jours pour trouver les causes et les pistes d‘amélioration », a relevé Franck Kuklinski, au titre des actions engagées à cet effet. Relativement aux pistes d’amélioration, l’accent sera mis sur le fonctionnement de la filière et les potentiels de celle-ci du côté des banques et institutions financières. « Nous on est là pour fournir cet appui, pour mettre en lien les acteurs, pour mieux se comprendre et aussi cerner le potentiel qu’on a dans le financement agricole », rassure le conseiller technique senior.

Le gouvernement ne compte pas rester en marge. A travers les ministères du secteur rural, il accompagne les acteurs dans la recherche de financement pour leurs activités. Pour preuve, la mise en place de la Banque agricole du Burkina Faso (BAB). Aux dires du secrétaire général (SG) du ministère l’agriculture et des aménagements hydrauliques, cette banque était le vœu des acteurs du monde rural exprimé lors des différentes éditions de la Journée nationale du paysan. Outre cela, une direction générale de la promotion de l’économie rurale a vu le jour au niveau du ministère de l’agriculture et des aménagements hydrauliques.
Il convient de souligner qu’elle a contribué non seulement au lancement de la BAB mais aussi du Fonds de développement agricole. L’objectif étant d’accompagner les entreprises agricoles à prendre leur envol et de concourir de façon significative à l’atteinte de la sécurité alimentaire et nutritionnelle.
L’accès aux services financiers agricoles a, certes, des avantages, mais le SG estime que ces financements n’auront un impact certain que si les entrepreneurs bénéficient d’encadrement leur permettant de renforcer leurs connaissances techniques, leurs capacités d’organisation et de gestion. Pour ce faire, un processus d’accompagnement et de suivi des acteurs doit être poursuivi à travers la réalisation des appuis conseils de manière permanente et au besoin.

« En matière de relation avec les banques, les opérateurs économiques agricoles ont des difficultés à s’adapter à leurs produits puisque ce sont des échéances courtes (…). Sur une échéance de crédit de deux mois, trois mois, chez nous il faut attendre six mois, voire huit pour que le produit soit disponible, qu’on le mette sur le marché, recueillir d’abord les fonds avant de pouvoir payer », a, pour sa part, dépeint le président de l’Union nationale des transformateurs de riz du Burkina.
Bikinga Salif a alors plaidé en faveur des acteurs du secteur agricole. « Que les banques prennent en compte nos préoccupations, à savoir si l’échéance est de trois mois pour le crédit normal, qu’au niveau de l’agriculture que ça respecte au moins la saison parce que c’est au cours d’un cycle de saison que nous pouvons rembourser », a-t-il fortement recommandé.

Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 17 avril à 17:08, par NANKOLENDUSE Pierre Claver à Ziniaré
    En réponse à : Secteur agricole : Une rencontre d’échanges pour une facilitation de l’accès au financement

    La vie du financement agricole,en sus de ce que les autres acteurs ont exprimé,repose sur la subvention du secteur agricole,notamment sur le transport.
    Si l’État subventionne le transport et créé des unités de transformation, en encourageant la consommation locale, les banques agricoles auront longue vie.
    Le problème de l’agriculture dans notre pays, est son très faible taux de rentabilité interne, qui ne permet pas de rémunérer le producteurs et les taux d’intérêt des crédits.
    En plus,il y a la faiblesse des couts des produits agricoles. Au vu des précarités des rendements sous notre climat, le cout des produit agricoles doit être revu à la hausse. Quand on donne la population agricole du pays, on comptabilise des personnes qui ne sont plus acteurs agricoles à cause de sa faible performance.
    Le problème de l’agriculture est plus un problème de rentabilité qu’un problème de financement.Normalement,un kilogramme de céréale doit couter au moins 500 frs
    Sinon d’autres acteurs utiliseront l’agriculture pour financer d’autres secteurs et justifier leurs impayés par la faible performance de l’agriculture.

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