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Idées : De l’utilité ou de la menace de la croissance démographique

Accueil > Actualités > Economie • • dimanche 28 janvier 2018 à 10h30min
Idées : De l’utilité ou de la menace de la croissance démographique

Dans le cadre de la « Nuit des idées » qu’il organise chaque année, l’institut français de Ouagadougou a initié le 25 janvier 2018 une série de conférences animées par d’éminents experts des questions démographiques. Ils se sont surtout appesantis sur les enjeux de la croissance démographique sur le continent africain.

D’entrée de jeu, les chercheurs ont fait des communications sur la croissance démographique en Afrique et dans le monde. Elle a été animée par Yentenma Onadja, maitre-assistant à l’Institut Supérieur des Sciences de la Population (ISSP). Se basant sur les données des projections des Nations unies, et de l’Institut de Développement de Paris (IDP), le chercheur explique que la population mondiale est toujours en croissance portée notamment par l’Asie et l’Afrique. Selon les prévisions, cette dernière va compter plus de quatre milliards en 2100.

Année au cours de laquelle, la taille de sa population va frôler celle de l’Asie. Cependant il annonce que la tendance à la hausse de cette croissance actuellement observée, va s’inverser à partir de 2030 pour le continent africain. Quant à Adama Tiendrébéogo, sa communication a porté sur la population burkinabé. Un pays dans lequel le taux de fécondité est passé de 7,2 enfants par femme en 1985 à 5,4 en 2015.Le maintien de la croissance s’explique donc et surtout par la chute de la mortalité qui est passée de 24 ‰ à11‰ en 2006.

En quatre décennies, l’espérance de vie a connu une évolution pour s’établir à environ 57 ans en 2006. La proportion des femmes ayant accès aux contraceptifs est, elle, passée du simple au triple pour s’établir à 24% en 2015. Il ressort donc qu’avec une croissance démographique annuelle de 3,1%, le Burkina Faso va compter près de 47 millions d’âmes en 2050.

Est- ce une menace ou une opportunité ?

Cela dépend des théories élaborées en la matière. Lesquelles ont été exposées aux cours de la conférence. La première d’émanation populationniste et donc anti-malthusienne estime que la démographie est à la fois en amont et en aval du développement. Elle a été défendue par Stéphanie Dos Santos de l’Institut de Recherche pour le Développement(IRD) qui avec Baudin considère qu’il y a de richesses que d’hommes. Elle en veut pour preuve, les résultats d’études menées en Afrique de l’Est et qui ont démontré que les populations clairsemées sont moins évoluées sur le plan technologique. Selon elle, la démographie galopante est la résultante d’un développement puisqu’elle est aussi et surtout le fait de la chute de la mortalité qui est aussi due aux progrès observés dans la médecine.

Les différents conférenciers ont proposé des solutions quant à la manière de parvenir au dividende démographique. A droite le SP du PNDES, Alain Siri.

L’Afrique est donc, à son avis, plutôt peu peuplée. Quant au « néomalthusien », Louis Marie Dakuyo, il analyse que la très forte croissance démographique a des effets sur le développement dans la mesure où la création de richesses ne peut la supporter. Une forte démographie est donc source de difficultés économiques qui se traduisent par une stagnation voire une baisse du niveau de vie. Résumant les deux conceptions, le Directeur de l’ISSP, Jean François Kobiané, analysera quant à lui que leur point de convergence est le dividende démographique.

Pour profiter de ce dividende, il faudra jouer sur des leviers tels que l’éducation de qualité et la santé. Une éducation qui prioriserait l’enseignement scientifique et technologique. Car si les quatre cinquièmes des Burkinabé vivent de l’Agriculture, seule une proportion infime d’entre eux, (2,2%) a des connaissances en matière agricole selon Bilampoua Gnoumou de l’ISSP. Sans oublier les difficultés d’accès à la terre pour les femmes qui constitue un obstacle rédhibitoire au développement.

Ce qu’a bien compris le gouvernement qui a inclus dans le Plan National de Développement Economique et Social (PNDES) explique son Secrétaire Permanent Alain Siri pour qui la jeunesse est une opportunité qu’il faut savoir saisir. D’où la mise en œuvre d’organes politiques aussi bien pour les courts et longs termes. Sur le court terme, le « plan » consacre la nécessité de l’éducation, de la Formation Professionnelle et l’augmentation de l’accès à l’eau potable.

Soumana Loura
Lefaso.net

Messages

  • Il y a beaucoup de choses qui peuvent être dite sur le sujet. Osez dire que l’Afrique est sous peuplée est une ineptie incroyable. On aime singer dans le mauvais sens du terme en faisant le perroquet de ces soit disants analyses de pseudo experts ! Même en démographie, on passe son temps à comparer les pays et les continents les uns aux autres, ce n’est pas une compétition à l’heure des changements climatiques, dégradation de l’environnement, pollution, rareté des métaux et des énergies non renouvelables en vue, etc. Le dividende démographique est une ineptie de plus ! L’éducation devient une priorité ; encore faut-il savoir laquelle ? est-ce formaté selon les esprits occidentaux ? c’est le cas quand on lit cet article ! car aucun n’a proposé des idées innovantes !

    • Peut-être vous pourriez expliquer en quoi l’Afrique qui vaut x10 fois l’Inde (x3 fois la Chine, et encore xplusieurs fois l’Europe) en territoires habitables et habités n’est pas sous-peuplée par rapport à ces ensembles au regard de leurs théories racistes d’explosion de la démographie africaine qui serait "une menace" (c’est très raciste comme vision et cela en dit long en mal sur ce qu’ils entendent funestement faire de cette "menace" : stérilisation sournoise par des produits, extermination par les guerres provoquées de toutes pièces, etc.).

      Pour moi, je trouve insensé de parler d’explosion démographique africaine, parce que c’est un mythe. Il y a croissance démographique, c’est un fait et c’est normal. C’est le contraire qui devrait effrayer les Africains.

      1. La population africaine pendant des siècles a été stagnée par la traite et autres brutalités, quand l’Europe croissait et justement pour sa croissance avait besoin d’exploiter cette Afrique. Vue comme ça l’Afrique est comme un arbre à qui on a coupé la tête à un moment donné et qui par la suite rebourgeonne. Le "bourgeonnement" n’a recommancé que dans les années 1960 après la décolonisation. Alors, normal que ce vaste territoire dépeuplé pendant des siècles se repeuple. En quoi un fait aussi rationnellement banal doit effrayer les Européens, eux qui sont assis sur un petit territoire (comparer la France par exemple au Congo, au Gabon, etc. et vous serez édifiés : la population française, en ratio de son territoire, vaut au moins 30 fois celle du Gabon dans les mêmes considérations ; et vaut encore plus celles du Congo, etc.). Donc les Européens qui se sont multipliés jusqu’à atteindre les niveaux maxima et ainsi amorcé le déclin savent très bien que la prétendue menace de l’explosion démographique est purement l’expression d’un racisme (à l’époque de l’Asie, les mêmes occidentaux ont parlé de péril jaune, donc aujourd’hui c’est le péril noir ou négro-arabe)

      2. Même si la population africaine croit, elle ne peut, NATURELLEMENT, dépasser des proportions ingérables, car c’est une loi naturelle que même l’homme qui croit à sa naissance cesse naturellement de croitre à un certain âge. C’est en effet une bêtise de la part des inquiétologues de la population africaine de supposer que parce que la population est par exemple aujourd’hui de 1000, elle sera nécessairement dans 100 ans 1000x100, c’est très bête de le penser, de la même manière que si un enfant croît par exemple à un rythme de 5 cm/an, il n’aura pas nécessairement à 100 ans 100x5cm car il y a un moment où NATURELLEMENT la croissance s’arrête. S’agissant des populations, le "NATURELLEMENT" sont par exemple les contraintes de l’urbanisation (en ville les gens font moins d’enfants à cause des multiples contraintes de logement, de charges diverses), de l’industrialisation (quand il y aura des emplois et que les gens sont très occupés naturellement ils ne feront plus d’enfants comme ça, c’est ce qui explique le déclin de la population par exemple en Allemagne, car les femmes n’ont plus le temps entre leur boulot, leur carrière et des affaires d’enfants), etc.

      3. Le dividende démographique est vrai mais la question est mal posée, ce qui en fait en Afrique un faux problème. De fait, la pauvreté en Afrique ne s’explique pas par une hausse de la population, parce que même quand il n’y avait pas cette hausse, la situation n’était guère mieux. La preuve encore, aujourd’hui les pays africains économiquement les mieux lotis ne sont pas des pays moins peuplés. Prenez par exemple le Gabon (rien que 1,9 millions pour une superficie qui vaut la moitié de la France : or on sait que la France a 70 millions d’habitants !!!) ce grand pays gabonais peu peuplé souffre alors que la France exploite ses richesses : c’est là la vraie inquiétude. C’est le cas aussi du Congo Braza comme RDC, etc. Donc le problème de fond en Afrique c’est une question de gouvernance (dirigeants sans vision, Françafrique, etc.). C’est pas une affaire de population. Car, même réduite à 10 personnes, avec ce type de gouvernance (Françafrique et Cie, etc.), l’Afrique restera pauvre et souffira.

      C’est pourquoi je demande aux intellectuels et aux acteurs politiques africains de ne pas se rendre complices de ce racisme dit de menace de l’explosion démographique. Car c’est une vision idéologique qui n’a rien de scientifique.

  • @fc : Bien dit. Il faut que les penseurs africains portent une vraie analyse critique, endogène et actuelle de la question démographique pour les pays africains.

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