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Blocages de l’installation de certains maires de commune : Le vœu pieux de Toussaint Abel Coulibaly

Accueil > Actualités > Politique • • mercredi 17 avril 2013 à 11h02min
Blocages de l’installation de certains maires de commune : Le vœu  pieux de Toussaint Abel Coulibaly

Plus de trois mois après leur élection, certains maires de commune élus à la faveur des élections municipales du 2 décembre, à l’image de Anatole Bonkoungou de l’arrondissement 4 de Ouagadougou, sont encore loin de prendre fonctions du fait d’oppositions farouches entre ou au sein des formations politiques.

Et le ministre de l’Aménagement du Territoire et de la Décentralisation, Toussaint Abel Coulibaly a jugé bon de lancer un appel, via les médias, aux fauteurs de blocages pour qu’ils reviennent à de meilleurs sentiments afin de laisser les maires élus prendre service, dans l’intérêt bien compris des communes.

Sur le coup, le ministre Coulibaly est vraiment dans son rôle. A priori. En tant que ministre de tutelle, il est le garant du bon fonctionnement des collectivités territoriales. Et le travail des conseils municipaux, donc des communes, commencent véritablement avec l’installation des premiers responsables que sont les maires. Les cérémonies d’installation leur confèrent incontestablement une légitimité. D’ailleurs, c’est à ces occasions qu’ils reçoivent leurs attributs de premier magistrat de commune.

Mais, le problème avec cet appel de Toussaint Abel, c’est qu’il risque de rester sans effets, sans actes concrets. Pour la simple raison que ceux ou celles qui bloquent l’installation des maires ne sont pas des enfants de chœur ou de raison, mais des hommes et des femmes guidés avant tout par des intérêts partisans et qui plus est sont généralement du parti au pouvoir, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) et surtout se sentent soutenus, ne serait-ce qu’en sourdine.

Président d’un parti du pouvoir

Et quand les responsables du giga parti décident de suspendre de ses rangs un maire élu, on l’a vu avec Anatole Bonkoungou de l’arrondissement 4 de Ouaga, son installation devient plus problématique. Dans ces conditions que peut bien faire le ministre Coulibaly, président d’un parti du pouvoir, l’Union Pour la République (UPR) ? Pas grand-chose.

A cet égard l’appel du patron du ministère de la Décentralisation et de l’Aménagement du Territoire s’apparente bien à un vœu pieux.

Tout au plus, il ne peut que recourir avec l’aide du gouvernement à l’instauration des fameuses délégations spéciales, comme il les a lui-même fait planer comme épée de Damoclès sur les têtes des habitants des communes qui ont du mal à installer leur maire. Et peut-être, c’est ce que recherchent ces empêcheurs de prise de fonctions de maire. Parce que l’essentiel pour eux, c’est que les édiles récusés ne prennent jamais service.

La question de la légitimité

Mais, le hic, c’est que les recours aux délégations spéciales ne sont pas des panacées, encore moins des solutions viables en démocratie. Bien au contraire, elles constituent des preuves d’échecs d’expériences démocratiques au niveau local.

En outre la question de la légitimité va se poser davantage avec les responsables de ces délégations spéciales que l’on va instaurer.

Par ailleurs, quelles marges de manœuvres vont-ils disposer ? Surtout avec la perte de l’autorité de l’Etat que connaît notre pays ces dernières années et qui s’exprime de fort belle manière dans ces difficultés à installer certains maires.

Les futurs présidents des délégations spéciales seront vraisemblablement des marionnettes de clans dominants au sein des conseils municipaux ou de pâles représentants des autorités centrales sans possibilités d’imprimer leur vision sur la marche des communes placées sous leur direction.

Déplacer les problèmes sans vraies solutions

Autant dire qu’avec l’éventuelle institution des délégations spéciales, l’on ne fera que déplacer les problèmes sans y apporter les vraies solutions.

Pire, si l’on commence dès maintenant avec des délégations spéciales, il faut s’attendre à d’autres dans les mois ou années à venir puisque des difficultés ne manqueront pas, même dans les communes qui ont déjà sacrifié à la tradition en installant leur maire en bonne et due forme.

Grégoire B. BAZIE

Lefaso.net

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