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L’Union nationale pour la démocratie et le développement (UNDD) : Un parti qui pèche par son silence

Accueil > Actualités > Politique • • jeudi 28 mars 2013 à 22h06min
L’Union nationale pour la démocratie et le développement (UNDD) : Un parti qui pèche par son silence

La Vè Législature est animée par 127 députés issus de 13 partis politiques. Au rang de ces derniers, figure l’Union nationale pour la démocratie et le développement (UNDD) avec un élu, en la personne de Benjamen Yaméogo. Sa particularité tient à son statut de député non-inscrit. Comment fonctionne-t-il au sein de la représentation nationale ? A cette question, pas de réponse claire de l’intéressé. « J’observe d’abord », lance-t-il avec empressement.

Une fois élu député, l’on exerce un mandat national. Et le peuple est en droit de savoir ce que l’on fait pour permettre à l’institution parlementaire d’atteindre ses missions, mais aussi le rôle que l’on joue en tant que député à part entière.

Aux termes de l’article 84 de notre loi fondamentale (la Constitution), l’institution parlementaire doit voter les lois, consentir l’impôt et contrôler l’action gouvernementale. Et l’ensemble des élus doivent concourir à l’atteinte de ces missions.

Mais en tant que député, l’on est appelé à émettre des propositions de loi, à faire des amendements aux textes soumis à l’hémicycle, à animer les groupes parlementaires, les commissions générales de travail, les réseaux parlementaires.

C’est en fonctionnant ainsi que l’on fait véritablement œuvre utile et à l’institution parlementaire, et au peuple que l’on représente. Il se trouve que l’activisme au sein de l’institution est limité selon que l’on a tel ou tel statut de député. C’est ainsi que le député non-inscrit, c’est-à-dire l’élu n’appartenant à aucun groupe parlementaire, n’a pas droit à la parole en plénière. C’est le cas de Benjamen Yaméogo au sein de la 5è législature.

Mais comment fonctionne un député non-inscrit ?

Le député n’appartenant à aucun des cinq groupes parlementaires (CDP, UPC, ADF/RDA, ADJ et CFR) de la 5è Législature, est assimilé aux agents de l’administration parlementaire. En effet, il relève du Secrétariat général de l’institution qui le tient informé du déroulement de tout ce qui concerne les députés ; les autres étant informés par le président de leur groupe parlementaire.

S’il peut travailler au sein des commissions générales, il ne peut prendre la parole en plénière, car seuls les groupes parlementaires peuvent le faire. Un tel élu ne peut donc participer aux débats les plus importants de l’hémicycle où il est pourtant censé représenter le peuple en défendant ses intérêts. Il apparaîtra donc plus comme un spectateur qu’un acteur sur qui, au moins son électorat doit pouvoir compter.

Cette situation de peu d’activisme peut conduire l’élu à adopter la stratégie du retrait. Certes, aucun député n’est tenu au mandat impératif selon l’article 85 de notre Constitution qui déclare nul un tel mandat, mais le député non-inscrit est plus exposé à cette posture. C’est donc dire qu’un député peut décider de ne pas siéger à l’Assemblée nationale sans pour autant perdre son statut de député. Et même dans une telle posture, le député garde le bénéfice de ses indemnités permanentes qui se chiffrent à 469 113,75 FCFA par mois. Mais il ne peut prétendre aux perdiems versées en fonction de la participation du député aux travaux en commission ou aux plénières.

Que fait le non-inscrit de l’UNDD à l’hémicycle ?

Tout comme l’ODT, le RDS, le RDB, le CNPB, Le Faso Autrement, l’UNDD compte un seul député à l’hémicycle. Ce dernier, Benjamen Yaméogo, est le seul député non-inscrit. Choix personnel ? Décision de son parti ? Va-t-il entre-temps rejoindre un groupe parlementaire ? On ne le sait encore ; l’intéressé refusant de communiquer à la presse, de dire au peuple comment il lui rend service à l’hémicycle. Pour l’instant, tout ce que l’on sait sur sa participation aux activités autres que les séances de l’hémicycle, c’est qu’il fait partie des membres de la Commission de l’emploi, des affaires sociales et culturelles (CEASC).

« Je viens d’arriver, j’observe d’abord, je préfère attendre un peu », lance-t-il en déclinant notre proposition d’entretien. « Notre position est telle qu’on veut voir concrètement ce qui va arriver avant de nous prononcer », a-t-il précisé en oubliant sans doute que l’on serait intéressé d’en savoir sur cette position. Et de prendre à témoin le président du parti en ces termes « vous voyez que même notre président est actuellement dans le silence ».

Mais à quoi peut bien répondre une telle stratégie ? Sans en mesurer les tenants et les aboutissants, nous estimons que cette position n’est pas à l’avantage du parti qui doit travailler, surtout actuellement, à plus de visibilité. Au pire, cette attitude nuit au peuple qui est en droit de savoir comment l’élu de l’UNDD entend se conduire durant sa mandature avec la particularité de son statut ; et ce, dans l’intérêt bien compris de la nation entière.

Fulbert Paré

Lefaso.net

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