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Prorogation du mandat des députés : Entre les oukases de Kosyam et une rallonge, il faut choisir

Accueil > Actualités > Politique • • vendredi 11 mai 2012 à 01h22min

Roch aurait démissionné de l’Assemblée nationale ! Le 9 mai dernier, Dame Rumeur et son compagnon cravaté la Rue bruissaient de cette information dans toute la ville de Ouagadougou. Avec Salif Diallo, Juliette Bonkoungou et d’autres, ils auraient créé le "Front de refus CDP !", prétendent ceux qui disent détenir leur scoop de source A. Les téléphones se sont mis à crépiter, chacun essayant de joindre celui qu’il estime être dans le secret des dieux. Selon ceux qui distillaient cette nouvelle, lancée, semble-t-il, par un député, Roch s’inscrirait en faux contre la prorogation du mandat des députés, surtout après la cacophonie qui a eu lieu entre le Conseil constitutionnel et l’Assemblée nationale.

La nouvelle enflait tellement que nous avons dû joindre au téléphone l’intéressé qui, tout simplement, a répondu : Je ne suis pas l’acteur de tous ces gens ! Est-ce que je peux démissionner sans que ce ne soit officiel ?".

Il reste donc à son poste, et les résultats des travaux du Conseil des ministres du 9 mai 2012 montrent qu’ils ne chômeront pas, lui et ses collègues, ces prochaines semaines : "Le Conseil a examiné et adopté un projet de loi relatif à la modification de l’article 81 de la Constitution du 2 juin 1991 en vue d’introduire une disposition de portée générale permettant la prorogation éventuelle du mandat des députés. L’adoption de ce projet de loi, qui prend en compte les prescriptions du Conseil constitutionnel, permettra la soumission consécutive d’une loi à l’Assemblée nationale portant prorogation du mandat des députés".

Roch Marc Christian Kaboré a donc, sauf report, clôturé la session parlementaire hier 10 mai 2012 pour ouvrir au pied levé une autre, aujourd’hui extraordinaire cette fois, aux fins d’examiner et d’adopter une nouvelle mouture de l’article 81 qui octroyera un bail d’un an aux députés en vue de légiférer notamment sur certaines réformes adoptées par le CCRP et les assises nationales.

Et s’il y a bien une pleinière où l’hémicycle aura un fort taux de présence, ce sera bien sûr le jour de l’examen de la loi relative à cette rallonge.

Le petit couac créé par le rejet provisoire du premier draft de cette loi par le Conseil constitutionnel a donné libre cours à deux camps, qui s’opposent sur ce "bonus" fait aux députés : pour ceux qui revêtent la toge de constitutionnalistes purs et durs, il faut tout simplement congédier les députés et laisser le seul capitaine à bord du rafiot burkinabè après Dieu, gouverner par ordonnances.

Selon ces derniers, qui tiennent en piètre estime les députés, accusés d’être budgétivores avec un rendement épisylonesque, seul un semblant d’Etat d’exception peut redresser les choses au Faso.

Même s’ils ont raison en partie, car en Guinée et lors de l’interminable crise en Côte d’Ivoire, c’est par ordonnances présidentielles qu’on gouvernait, ils savent bien que ces pays étaient "crisés". Encore que ce gouvernement par ordonnance (par absence de parlement) ne doive pas s’étendre trop dans le temps, sans quoi les partenaires techniques et financiers (PTF) rechigneraient à délier les cordons de la bourse, puisqu’il faut le Parlement pour ratifier les conventions.

Au contraire, les partisans de ce "5 + 1" sont catégoriques : entre les oukases de Kosyam et la poursuite de cette démocratie Canada dry, "il n’y a pas photo", même si l’on sait que tout ce que veut le deux ex-machina du palais présidentiel, il l’obtient.

Ces férus du respect de ce mécanisme transitoire doivent pourtant faire attention, car, malgré ce rajout, les députés, en principe, ne peuvent pas légiférer sur de grandes décisions, car ils sont un peu "dans l’illégalité".

Or justement, il y a les propositions consensuelles du CCRP et de ses assises nationales, la retraite des députés et celle des ex-patrons de grandes institutions de la République, qui devront être examinés par ces députés "rallongés", mais, comme de deux maux, il faut choisir le moindre...

Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana

L’Observateur Paalga

Vos commentaires

  • Le 11 mai 2012 à 07:27, par le Naton En réponse à : Prorogation du mandat des députés : Entre les oukases de Kosyam et une rallonge, il faut choisir

    Travaillons a évité une crise institutionnelle au Faso.Laisser Roch terminer ce qu’il a commence.Il n’a pas le choit que de suivre le mouvement puisqu’il est l’un des acteurs essentiels.Le front de refus CDP, les personnalités cites n’ont pas ce courage politique.

    Le Naton

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  • Le 11 mai 2012 à 08:11, par Le colporteur En réponse à : Prorogation du mandat des députés : Entre les oukases de Kosyam et une rallonge, il faut choisir

    Il ne faut pas accuser dame rumeur et son compagnon quoi lààà. c’est vous les colporteurs des infos de ce genre. Bravo, on sait que tu as le numéro de Roch que tu peux appaler comme un copain. On se connait ici au Faso. Faites seeulement bien votre travail de journaliste et le Faso s’en portera mieux. pOur nous tous.

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  • Le 12 mai 2012 à 02:06, par LEPATRIOTE En réponse à : Prorogation du mandat des députés : Entre les oukases de Kosyam et une rallonge, il faut choisir

    Dans la pratique, je ne vois aucune différence entre ces deux alternatives. Car le Président Compaore a toujours gouverné par ordonnance (il a toujours suffi qu’il ordonne pour que les députés approuvent).

    Dans l’intérêt des burkinabè cependant, c’est mieux de ne pas prolonger le mandat des députés pour trois raisons :

    1. Cela réduirait le coût des coups de fil à passer aux députés pour dicter la volonté du PF ;

    2. Il n’y aurait plus de perdiems et autres traitements en leur faveur ;

    3) les ressources publiques allouées aux relations avec le Parlement pourraient être réaffectées aux secteurs sociaux.

    Certains CSPS pourraient ainsi être dotés d’ambulances, et le nombre d’écoles sous paillotes pourrait être réduit par une réaffectation du budget de l’Assemblée au profit du MENA.

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  • Le 12 mai 2012 à 04:35, par kaskas le corbeau En réponse à : Prorogation du mandat des députés : Entre les oukases de Kosyam et une rallonge, il faut choisir

    Que ces gens là créent leur partie ou pas,pour nous c’est un non évènement.Ce sont des ingrats.Après avoir mangé l’argent du président COMPAORE,ils veulent maintenant le lâcher.S’ils font ça,la nature va leur payer chers.Dans tous les cas le Ziniarus Compaoros Causa reste fort.Très très fort.

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