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BONGNESSAN ARSENE YE : « La modification de l’article 37 ne fait pas partie de notre calendrier »

Accueil > Actualités > Politique • • mercredi 2 mai 2012 à 19h50min

Le ministre d’Etat, Bongnessan Arsène Yé, a accordé une interview le 30 avril dernier à nos confrères de Radio France Internationale. Dans ladite interview, il revient sur les réformes politiques et institutionnelles amorcées au Burkina. Il y donne également son avis sur la vie du Congrès sous la démocratie et le progrès (CDP).

RFI : Pourquoi ce report des législatives au mois de décembre prochain ? Est-ce pour que les électeurs oublient les graves évènements de l’an dernier ?

B. Arsène Yé : Pas du tout. Ce report est dû essentiellement au fait que nous comptons coupler les législatives et les municipales à venir, avoir un fichier électoral plus fiable que par le passé. Ce qui nous a fait recourir à la biométrie. Et cela suppose un certain nombre de contacts à prendre et il y a une société française qui a été retenue pour cela. C’est donc le choix de la biométrie qui fait que les délais ont été repoussés au 2 décembre 2012.

Vous annoncez aussi un nouveau recensement, est-ce que cela veut dire que la dernière présidentielle de 2010 a été mal faite ?

Oh pas du tout. Ce sera mieux fait avec le nouveau fichier. Vous savez que dans la vie, il faut chercher à mieux faire. Par le passé, nous avons eu des listes électorales qui ont été l’objet de contestation soit au sein du pouvoir lui-même, soit au sein des partis de l’opposition et nous pensons que si nous pouvons aller vers une liste qui est plus acceptée par tous les acteurs politiques, cela vaut mieux.

En septembre dernier, le président de la CENI, la Commission électorale nationale indépendante, a changé, mais qu’est-ce qui nous garantit qu’il n’y aura plus de fraude ?

Je pense que le système vers lequel nous allons, le système de la biométrie me semble assez fiable afin que nous puissions éviter des fraudes.

Mais si le président de la CENI a été changé, c’est bien parce que son prédécesseur a été accusé de fermer les yeux sur les fraudes ?

Non, non, non, la Commission électorale nationale indépendante actuelle a juste été mise en place 2 ou 3 mois avant la fin du mandat de l’autre CENI. C’est tout. Ce n’est pas parce qu’elle était accusée de fraude. C’est vrai que l’organisation des élections antérieures, la plus récente étant la présidentielle de 2010, a fait l’objet de beaucoup de discussions, de contestations, mais ce n’est pas cela. Nous avons juste précipité de 2 ou 3 mois la mise en place de la nouvelle CENI.

Au-delà des législatives de la fin de cette année, la grande question, c’est la présidentielle de 2015. Est-ce que le président Compaoré sera candidat ou pas ?

Selon les dispositions constitutionnelles actuelles, il est à son dernier mandat et comme il aime le dire lui-même, le mandat que le peuple lui a confié va jusqu’en 2015 et on ne parle pas d’autre chose au-delà de 2015

En effet, aux termes de l’article 37, le président n’a pas le droit de se représenter. Est-ce qu’il va modifier la Constitution pour pouvoir y aller ou pas ? Le président n’a jamais parlé de la modification de l’article 37 de la Constitution pour se maintenir au pouvoir. Ce que je sais, c’est que le parti au pouvoir, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) qui est le parti majoritaire avait à un congrès, il y a deux ans, souhaité que cet article-là soit modifié afin de permettre la non-limitation des mandats présidentiels. Parce que, selon la conception de notre parti, le CDP, la limitation est une sorte d’entrave à la l’expression de la volonté populaire. Sinon, le président Compaoré n’a jamais dit qu’il veut qu’on modifie l’article 37.

Et vous personnellement, qu’est-ce que vous en pensez ?

Mais, je suis membre du Congrès pour la démocratie et le progrès, et j’étais d’accord pour cela, pour que nous puissions lever la limitation afin que nous puissions permettre au peuple d’être souverain. Mais je vous dis en tant que ministre d’Etat que lors du dialogue démocratique que nous avons eu au Burkina au cours de l’année 2011 à travers le Conseil consultatif sur les réformes politiques à travers les discussions dans les régions et à travers les Assises nationales que nous avons eues en 2011, nous n’avons pas trouvé de consensus sur la modification de cet article qui, pour le moment, reste en l’état.

Ce qui veut dire que tant que vous ne trouverez pas de consensus, vous ne modifierez pas l’article 37 ?

Je pense qu’il faudrait le poser à d’autres acteurs de la vie nationale, mais je dis que pour le moment, la modification de l’article 37 ne fait pas partie de notre calendrier politique.

Quand le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé déclare qu’il y a eu un échange avec le président burkinabè au cours duquel Blaise Compaoré lui a dit qu’il ne changerait pas l’article 37, comment vous réagissez ?

Je n’étais pas dans le bureau du président le jour de ce coup de fil, donc je ne peux pas répondre.

Arsène B. Yé, vous êtes aux côtés du président depuis toujours, depuis 1987, vous avez connu des hauts et des bas mais vous êtes toujours là. Comment vous arrivez à surnager ?

Je pense que le plus important pour moi, c’est l’engagement pour mon pays. Ma petite pierre à l’édification de ma patrie, c’est cela peut-être qui justifie ma présence jusque-là.

En 2015, le président totalisera 28 ans au pouvoir, est-ce que ce n’est pas suffisant ?

Je pense que c’est mieux de lui poser la question.

Mais partout dans les pays voisins, au Niger, en Côte d’Ivoire, au Ghana, on voit qu’il y a alternance, pourquoi pas au Burkina Faso ?

Oui, mais est-ce que vous avez déjà entendu les Burkinabè qui se plaignent parce que Blaise Compaoré est président depuis plus de 20 ans ? Bon, suivez un peu ce qui se passe dans les pays voisins. On a pris beaucoup d’exemples de pays où il y a eu l’alternance et on a dit que ce sont des modèles de démocratie. Malheureusement, je suis au regret de vous montrer des exemples, que ce soit au Mali, au Niger ou dans d’autres pays, nous voyons que les concepts par lesquels vous jugez l’Afrique ne sont malheureusement pas souvent les meilleurs modèles et nous, nous estimons, c’est vrai que l’alternance fait partie des principes de la démocratie qu’elle ne se décrète pas. Si vous avez une opposition qui ne se bat pas, si vous avez une opposition qui estime que ceux qui sont au pouvoir doivent se retirer pour leur donner la place, je pense que la discussion sur l’alternance va mettre du temps. Que ceux donc qui réclament tant l’alternance se batte pour que le peuple leur fasse confiance.

Si le président Compaoré ne se représente pas en 2015, est-ce que le parti au pouvoir, le CDP présentera un autre candidat ?

Là c’est du charlatanisme. Vous me demandez d’être charlatan alors que je ne le suis pas. Je ne peux pas prévoir cela.

Au sein du CDP, il y a un homme qui monte, c’est l’actuel n° 7 du parti, François Compaoré, le frère du chef de l’Etat, est-ce qu’il pourrait être candidat ?

Oui, dans la mesure où il est citoyen du Burkina comme tout le monde, pourquoi pas ?

Donc c’est peut-être le candidat le plus probable si jamais Blaise Compaoré ne se présente pas ?

Vous savez, le charlatanisme, c’est vrai qu’en Afrique, il y a beaucoup de magiciens et de devins mais moi je ne fais pas partie de cette catégorie de personnes et il serait peut-être plus indiqué de vous adresser aux personnes indiquées.

Propos retranscrits par Germaine KERE

Le Pays

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