Nous sommes le  
LeFaso.net, l'actualité Burkinabé sur le net
Proverbe du Jour : « Une des sources les plus fréquentes d’erreur est de prétendre expliquer аvес lа rаisοn dеs асtеs diсtés раr dеs influеnсеs аffесtivеs οu mystiquеs.» Gustave Le Bon

Assises nationales : Clément Sawadogo, secrétaire à l’organisation du CDP

Accueil > Actualités > Politique • • mercredi 7 décembre 2011 à 02h26min

Le secrétaire à l’organisation du bureau exécutif national du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), Clément P. Sawadogo, a activement pris part aux deux premières phases du processus des réformes politiques et institutionnelles en cours au Burkina Faso. Dans une interview qu’il a accordée le 2 décembre 2011, il a livré les attentes de son parti à l’orée de la tenue de la quatrième et dernière étape, les Assises nationales.

Sidwaya (S) ? : Quels enseignements tirez-vous des étapes du CCRP et des rencontres régionales ? ?

Clément P. Sawadogo (C.P.S) : J’ai pris part aux travaux du Conseil consultatif sur les réformes politiques (CCRP) comme représentant du CDP. J’ai participé aux débats du CCRP et j’ai eu l’honneur de présider deux rencontres régionales à savoir, celles des régions du Centre-Ouest et du Nord. Dans ces deux régions, j’ai été surpris par la responsabilité avec laquelle les partis politiques et la société civile ont travaillé, surtout dans la région du Centre-Ouest où il y a eu des crises à répétition. C’était émouvant, car de commun accord, la majorité et l’opposition ont manifesté le désir d’instituer un cadre de concertation politique régional en vue de créer les conditions d’une cohabitation sereine et pacifique.

Les débats étaient empreints de respect et de courtoisie. Ce qui ne veut pas dire qu’ils n’ont pas été chauds et houleux. Je suis tenté de dire que c’est la première fois au Burkina Faso que j’ai assisté à des débats courtois et sereins entre opposition et majorité. Ils ont démontré que contrairement à ce que l’on pense, nous pouvons travailler ensemble avec des idées opposées. Je voudrais ainsi exprimer ma sincère reconnaissance à toutes les composantes de la classe politique qui ont pris part aux travaux. Plusieurs enseignements peuvent être tirés à ce stade. On retient que la volonté du chef de l’Etat, Blaise Compaoré, a été suivie par une grande majorité de notre peuple. Une large majorité des composantes de la classe politique et de la société civile a pris d’assaut les tribunes pour s’exprimer.

Il y a eu suffisamment de polémiques. Certains se sont même demandé s’il fallait y aller ?ou pas ? Finalement, ils sont venus et les rencontres ont connu un engouement certain, même si une partie de l’opposition s’est absentée. Quand on voit la réaction de l’opinion publique en général dans notre pays et même au delà des frontières, on peut se dire que la mayonnaise a pris. C’est exactement ce que le président du Faso voulait ? : amener toutes les composantes de la société à faire une réflexion, une introspection profonde sur la situation politique pour voir ce qui doit changer afin de parvenir à la mise en place d’institutions représentatives, capables de porter les espoirs de tout le peuple. Par ailleurs, on a noté que les contributions étaient fructueuses. Le CCRP comptait 68 membres qui ont fait un travail excellent.

S ? : Est-ce à dire qu’il n’y a pas eu de couac. Vous ne regrettez rien ? ?

C.P.S. Le seul vrai regret du processus, c’est qu’une frange de l’opposition a refusé de prendre part aux travaux, sans raison. Dans aucun pays au monde, un parti politique ne se permettrait pas de jouer à la politique de la chaise vide pour un si grand rendez-vous, au prétexte que le débat était plié à l’avance. Or ici, l’opposition s’est débiné et a refusé d’y prendre part. Or les débats ont été vraiment ouverts. On s’est rendu compte que rien n’était plié. Malgré tout, l’opposition continue de se braquer. A ce jour, on ne sait pas si elle s’est décidée à prendre part aux assises nationales. C’est regrettable, mais ce n’est imputable, ni au gouvernement, ni aux organisateurs, mais plutôt aux auteurs.

S ? : Pensez-vous qu’ils ont vraiment tort ? ?

C.P.S.? : Quand un gouvernement vous dit ? : «  ?asseyons nous, discutons et trouvons des solutions ? », ce n’est pas mauvais. D’ailleurs, le chef de l’Etat a appelé à la discussion, au moment où des acteurs de la vie politique appelaient à entreprendre des réformes et d’autres ont même parlé de refondation. Il y avait donc un souci partagé de discuter. On ne peut pas imaginer des discussions sans le gouvernement. En fin de compte, les résultats des tractations tomberont sur sa table. Le fait que ce soit le ministre d’Etat qui préside en lieu et place de personnalités indépendantes, n’est pas un motif valable pour justifier la politique de la chaise vide. Il nous est même revenu qu’à un moment donné, ces derniers ont loué les travaux du CCRP.

S ? : Dans quel état d’esprit abordez-vous les Assises nationales ? ?

C.P.S.? : Nous partons aux Assises avec une ouverture d’esprit, la même que nous avons eue depuis le début des travaux. Les Assises nationales qui auront lieu très bientôt, représentent l’espoir du peuple qui y voit le dénouement d’un processus. Il espère trouver des solutions à ses préoccupations d’ordre politique, institutionnelle, économique, socioculturelle. Les espoirs sont grands et énormes. Les assises ne doivent pas décevoir. C’est pourquoi, le ministère en charge de l’organisation a mis les bouchées doubles pour réunir un parterre de plus de 1500 personnes. Autant qu’ils sont, ils représentent la quintessence de tout le Burkina Faso. C’est vrai qu’en deux ou trois jours, il va être difficile de discuter de tous les problèmes dans les détails. Mais je pense qu’on parviendra à quelque chose d’intéressant et important pour notre pays.

S ? : Quelles sont les attentes de votre formation politique ? ?

C.P.S.? : Tout le monde attend que les assises permettent de trancher les questions essentielles. Les attentes du CDP sont conformes à celles du peuple. Nous avons donné notre caution aux résultats des travaux du CCRP. Nous avons dit que nous partageons entièrement les points consensuels issus des discussions du CCRP. Même si, au début, nous n’étions pas d’accord sur certains points, nous sommes parvenus à faire des concessions, tout comme les autres. Nous pensons que si ces points que nous partageons entièrement venaient à être confirmés par les assises, on aura fait un grand pas. Nous espérons que les assises enrichiront à leur tour ce qui a été fait.

On n’avait pas forcément tout réglé. La preuve, lorsque nous avons parlé de l’âge plafond pour être élu président du Faso, le CCRP a proposé la limite de 70 ans et au niveau régional, il y en a qui ont proposé 75 ans. Ainsi donc, nous souhaitons qu’au terme de ces concertations, la justice puisse jouer son rôle, les institutions de régulation et de contrôle jouent véritablement leur rôle, qu’il y ait plus de concertations entre les différentes composantes de la société burkinabè. Certes, il en existe, mais on en souhaite davantage. Par ailleurs, nous espérons déboucher sur des mécanismes nécessaires affinant la vie politique et institutionnelle de sorte qu’on ne connaisse plus des crises à répétition, qui entravent le développement.

S ? : Vos attentes étant nombreuses, avec quels arguments allez-vous aux Assises nationales ?

C.P.S.? : L’arme principale du CDP, c’est son argumentaire. Par exemple, sur l’article 37, depuis le congrès de notre parti, nous avons estimé qu’il fallait le déverrouiller pour garantir une évolution politique paisible, sereine et dynamique. Nous n’avons pas dénié le droit de nos adversaires à exprimer leurs opinions. Cependant, nous continuerons de défendre notre vision. S’il s’avère qu’elle est acceptée par les autres, tant mieux. Mais si elle ne passait pas à nouveau, cela voudrait dire qu’elle restait non consensuelle. En ce moment, le décideur principal qui est le chef de l’Etat avisera. Il a déjà commencé à examiner les points consensuels et non consensuels. Il nous a annoncé que les points non consensuels seront mis de côté. S’il prend une décision finale à l’issue des assises nationales, nous ne ferons qu’entériner.

S ? : Il n’y a pas que l’article 37 qui fait l’objet de malentendus, il y a aussi d’autres points. Qu’est-ce que le CDP envisage ?

C.P.S.? : Effectivement, il y a des points non consensuels à notre satisfaction, ainsi qu’à notre détriment. Prenons l’exemple de la chefferie coutumière. Il y a eu un consensus dans un sens et un malentendu dans l’autre. Le consensus a porté sur la constitutionnalisation de la chefferie traditionnelle et le quiproquo, son exclusion du jeu politique. A ce propos, les chefs eux-mêmes, des partis politiques de l’opposition et des organisations de la société civile et nous, avons marqué notre refus. Pour nous, il faut régler un certain nombre de préliminaires, sinon, c’est aberrant. Il y a aussi le cas des candidatures indépendantes aux législatives et municipales ainsi que la distribution des gadgets lors des campagnes électorales.

En tout état de cause, le CDP accepte la poursuite des tractations sur les points non consensuels. Comme tout n’est pas figé, peut-être qu’on reprendra les discussions, quelques années après. Au terme des Assises nationales, nous ferons le point au bureau politique, qui versera les différentes questions au congrès qui déterminera nos positions essentielles. Et le futur congrès va se prononcer sur des questions de fonds qui n’ont pas eu de solutions.

S ? : Envisagerez-vous la voie référendaire pour les points non consensuels ? ?

C.P.S ? : Non, nous ne pouvons pas envisager la voie référendaire en tant que parti. Nous n’avons pas la possibilité de susciter un referendum. C’est le chef de l’Etat, le gouvernement et l’Assemblée nationale qui règlent les questions relatives au référendum. Autre possibilité, ce sont les citoyens, qui, à travers une pétition peuvent exiger un référendum. Ce que nous pouvons faire, c’est peut-être de proposer un référendum. Mais je pense que c’est trop tôt pour en parler. On ne peut pas présager de ce que les assises vont donner comme conclusions. Il faut attendre la fin des travaux. Après les assises, il va falloir attendre la réaction du chef de l’Etat qui a demandé ces réflexions. Il donnera probablement des indications et nous en tirerons des leçons en tant que formation politique.

Propos recueillis Par Adama BAYALA (badam1021@yahoo.fr)

Sidwaya

Vos commentaires

  • Le 7 décembre 2011 à 08:01, par Nongodo du Faso En réponse à : Assises nationales : Clément Sawadogo, secrétaire à l’organisation du CDP

    Nous, on ne parle plus beaucoup. Nous attendons patiemment que vous touchez à l’ARTICLE 37. Un pays pauvre comme le Burkina avec tant de priorités et vous gaspillez l’argent du contribuable à organiser des cirques jusque pour modifier l’ARTICLE 37. Vous auriez pu nous faire l’économie en decretant de modifier cet article au lieu de gaspiller l’energie, les ressources financieres, le temps......alors que la decision est dejà prise pour modifier l’article 37. C’est ca aussi le Sous developpement : tourner en rond comme une bourrique...Mais soyez en sürs, cette fois-ci,vous allez franchir le rubicon et nous ne nous laisserons pas faire.

    Répondre à ce message

  • Le 7 décembre 2011 à 08:08 En réponse à : Assises nationales : Clément Sawadogo, secrétaire à l’organisation du CDP

    Rien a faire avec ces caciques du pouvoir si ce n’est les chasser par la force sinon Blaiso ne quittera pas le kosyam de son plein gré

    Répondre à ce message

  • Le 7 décembre 2011 à 11:14, par homo sapien En réponse à : Assises nationales : Clément Sawadogo, secrétaire à l’organisation du CDP

    Le seul vrai regret du processus, c’est qu’une frange de l’opposition a refusé de prendre part aux travaux, sans raison.

    Vraiment ces gens sont décidés à rester au pouvoir et ils prennent les autres pour des incultes.l’expression "sans raison" que vous utilisez est mal placée et vous savez bien les raisons.vous voulez que les gens vous accompagnent dans votre forfaiture.le peuple n’est pas dupe.il ya bien des raisons et même des raisons profondes.le pleuple a faim parce que la saison hivernale n’a pas été porteuse.vous voulez organiser un referendum alors que cet argent peut servir à payer des vivres pour les populations.ça déjà est une raison suffisante.c’est parce que vous mangez au moins 3 fois/jour que vous ne savez pas jusqu’à présent le raz le bol du peuple.ne soyez pas "sans raison"

    Répondre à ce message

  • Le 7 décembre 2011 à 11:14, par homo sapien En réponse à : Assises nationales : Clément Sawadogo, secrétaire à l’organisation du CDP

    Le seul vrai regret du processus, c’est qu’une frange de l’opposition a refusé de prendre part aux travaux, sans raison.

    Vraiment ces gens sont décidés à rester au pouvoir et ils prennent les autres pour des incultes.l’expression "sans raison" que vous utilisez est mal placée et vous savez bien les raisons.vous voulez que les gens vous accompagnent dans votre forfaiture.le peuple n’est pas dupe.il ya bien des raisons et même des raisons profondes.le pleuple a faim parce que la saison hivernale n’a pas été porteuse.vous voulez organiser un referendum alors que cet argent peut servir à payer des vivres pour les populations.ça déjà est une raison suffisante.c’est parce que vous mangez au moins 3 fois/jour que vous ne savez pas jusqu’à présent le raz le bol du peuple.ne soyez pas "sans raison"

    Répondre à ce message

  • Le 7 décembre 2011 à 22:32, par le Naton En réponse à : Assises nationales : Clément Sawadogo, secrétaire à l’organisation du CDP

    Les points non consensuels signifies tout simplement que le peuple n’en veut pas c’est tout.n’allons pas chercher des poux sur une tête chauve.Épargner ce peuple d’un syndrome ivoirien.Dans tous les cas au pays réel nous sommes mobilises et on vous attend au carrefour.

    Le Naton

    Répondre à ce message

  • Le 8 décembre 2011 à 09:36 En réponse à : Assises nationales : Clément Sawadogo, secrétaire à l’organisation du CDP

    Personne au burkina,meme les gens du pouvoir ne veulent du syndrome ivoirien.Arretez d’être animé par de mauvais sentiments.il n’ya pas que l’article 37 qui y est discuté.C’est déjà important de vouloir échanger avec les autres composantes de la vie politique.Ne vous échauffez pas les esprits pour si peu.Notre president aime son peuple pour voiloir forcer les choses et l’ansanglanter.Il sait qu’on l’a à l’oeil il fera pas de betise.Pour une fois essayons de faire confiance et ne critiquons sans proposer.sinon finalement on est pas serieux.Gerer un etat est une lourde responsabilité et c’est pas toujours évident !!!!!!soyons plus calme et abordons les questions sans passion et avec beaucoup de bon sens !!!!merci

    Répondre à ce message

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

 Articles de la même rubrique
Premier ministère : Le conseil d’orientation de l’ASCE/LC présente ses activités au chef du gouvernement
Examens scolaires : « Nous ferons l’état des lieux pour déterminer ceux qui verront leur année scolaire blanchie », informe le ministre Stanislas Ouaro
Gouvernance du MPP : Le coup de « Balai citoyen »
Le ministre de la communication au sujet du général Bassolé : « Si son conseil estime qu’il y a nécessité qu’il soit ré-évacué quelque part, il va l’être »
Dr Ablassé Ouédraogo aux populations de la Sissili : « Jusque-là, le développement a été une conception du sommet à la base … »
Vie politique : L’UNIR/PS installe son nouveau coordonnateur national de la jeunesse
Elections de 2020 : La CENI et ses partenaires se concertent
Présidence du Faso : L’ambassadeur d’Autriche fait ses adieux au Burkina
COMPAORE - KABORE : De l’humilité en politique
Nouveau code électoral : La Codel renforce les capacités de ses membres
Opposition politique : « La situation de crise sécuritaire appelle au renforcement de la tolérance et du vivre-ensemble »
Zéphirin Diabré sur la gouvernance : « Ils ont pris le pouvoir, ils ne pensaient qu’aux privilèges »
  Newsletter

Chaque matin, recevez gratuitement toute l'actualité du jour par mail. Inscrivez-vous à la newsletter


LeFaso.net
LeFaso.net © 2003-2018 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés